Vendredi 21 novembre 2014 5 21 /11 /Nov /2014 14:59
Un père à la dérive décide de passer une année avec son fils de quatorze ans sur une île déserte en Alaska. On pressent que ce n'est pas l'idée du siècle... et on assiste avec une angoisse croissante à une véritable descente aux enfers. Les personnages sont vite confrontés à des questions de survie face aux conditions extrêmes, aux ours qui rôdent ou aux problèmes de ravitaillement... A cela s'ajoute l'instabilité psychologique du père. On se doute bien que ça ne peut que mal finir mais la violence du drame laisse sonné. L'écriture de David Vann est précise, ciselée, pleine de la force de son histoire terrible et de la nature qui ne pardonne pas. Un huis clos dont on ne sort pas indemne.
Par Yosha - Publié dans : Bouquins
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Mercredi 12 novembre 2014 3 12 /11 /Nov /2014 13:14

"La Couleur du lait" de Nell Leyshon m'a bouleversée. Ce roman intrigant tient en haleine jusqu'à la fin pressentie mais non moins poignante.

Mary, une jeune fille de fermiers dans l'Angleterre du XIXème siècle, voit son existence basculer le jour où elle entre au service d'un pasteur et de son épouse.

Mary est une héroïne marquante, dont on admire la force de caractère qui la perdra pourtant. Malgré la simplicité apparente de sa vie, peut-être grâce à cette simplicité, on touche à l'essence même de ce qui compte. J'ai refermé ce livre émue. Et un peu différente.

Un passage en particulier est un véritable état de grâce, lorsque Mary et ses soeurs s'enfuient de bon matin en haut de la colline et font des voeux. On ressent à la fois la magie de ce moment et son présage funeste.

Je me rappelle d'un livre qui m'avait ennuyée petite mais dont la fin m'avait marquée : "Tistou était un ange." et je me dis que Mary était sûrement un ange.

 

"et moi je demanderais quoi si je pouvais faire un voeu ? qu'est-ce que je répondrais si on me posait la question ? je n'en avais aucune idée. je savais que j'avais des rêves mais je ne savais pas lesquels."

Par Yosha - Publié dans : Bouquins
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Samedi 11 octobre 2014 6 11 /10 /Oct /2014 11:40

Parfois une rencontre se fait de manière inattendue mais parfois, il faut que tous les signaux clignotent lourdement pour qu'elle ait lieu. Je suis passée à côté des critiques élogieuses de "L'homme de la montagne" de Joyce Maynard lors de la rentrée littéraire. Je suis passée à côté de l'intervention de l'écrivain dans une librairie où elle était pourtant traduite par une amie. Et je me suis enfin réveillée en voyant ma mère lire "Long week-end" ! Je lui ai emprunté, je l'ai lu d'une traite. Puis j'ai dévoré "L'homme de la montagne" et attaqué "Et devant moi, le monde", une autobiographie fascinante, qui traite en grande partie de la liaison que Joyce Maynard eut à l'âge de dix-neuf ans avec Jerry Salinger, alors dans la cinquantaine.

J'aime la connexion que l'auteur conserve avec son enfance et son adolescence. Et la liberté qui se dégage de ses romans. Voici un extrait de "L'homme de la montagne qui m'a particulièrement touchée :

"Il m'arriva alors quelque chose d'étrange : une soudaine flambée d'amour pour celle à qui je ne pensais pas souvent - ma propre mère, qu'on pouvait taxer de négligence, mais qui ne me disait jamais comment m'habiller, ne m'emmenait jamais chez le pédicure avec elle, ni n'essayait de me faire embaucher chez les pom-pom girls. En ce moment, elle devait se trouver à la bibliothèque, cherchant de nouveaux livres d'obscurs gourous indiens ou un recueil de poèmes de Sylvia Plath. Peu importait d'ailleurs. J'ai compris ce jour-là qu'en nous laissant libres de nos choix, ma soeur et moi, elle nous avait fait un grand cadeau. Patty et moi n'appartenions à personne qu'à nous-mêmes."

Il y a du Carson Mc Cullers chez Joyce Maynard dans les thèmes traités : l'enfance, l'adolescence, la famille, la solitude... mais aussi dans la finesse de ses observations sur l'âme humaine, dans ces petits détails qui n'ont l'air de rien qui font tout comme la préparation d'une tarte aux pêches.

Ce que j'aime lorsque je découvre un nouvel univers, c'est le côté "poupées russes". Bien sûr, maintenant, il faut que je lise "Baby Love", le premier roman de Joyce Maynard inspiré de son histoire d'amour avec Salinger. Mais surtout "L'attrape-coeur" de Salinger et aussi "Le lapin en peluche" de Margery Williams dont un extrait figure en exergue de "Et devant moi, le monde" :

"Vrai, on ne l'est pas au départ, dit le Cheval de Cuir. C'est quelque chose qui vous arrive. Quand un enfant t'aime très longtemps, qu'il ne se contente pas de jouer avec toi mais qu'il t'aime vraiment, alors tu deviens Vrai.

- Est-ce que ça fait mal ? demanda le Lapin.

- Parfois, répondit le Cheval de Cuir, car il était toujours franc. Quand on est vrai, on se moque de souffrir.

- Est-ce que ça arrive d'une seul coup, comme si on te remontait, ou bien petit à petit ?

- Ca n'arrive pas d'un seul coup, dit le Cheval de Cuir. On le devient peu à peu. Ca prend du temps. C'est pourquoi ça n'arrive pas souvent à ceux qui cassent facilement, qui ont des bords anguleux ou qu'il faut protéger avec soin. En général, le temps que tu deviennes vrai, la plupart de tes poils ont été arrachés à force d'amour, tu as les yeux qui tombent, tes articulations sont branlantes et en piteux état. Mais ces choses-là n'ont pas d'importance, parce que, une fois que tu es vrai, tu ne peux pas être laid, sauf pour ceux qui ne comprennent pas."

Par Yosha - Publié dans : Bouquins
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Jeudi 21 août 2014 4 21 /08 /Août /2014 10:47

C'est grâce à Mika, mon prof de yoga, que j'ai découvert cet instrument à la sonorité particulière envoûtante, le hang. On en voit de plus en plus à chaque coin de rue et même s'il dispose d'un registre limité, il continue à me fasciner. Mika De Brito vient de sortir un album avec trois copains yogis, "HANG'ji", planant à souhait ! Disponible exclusivement chez Nature & Découvertes.

 

Comme dit si bien Mika, je vous laisse "écouter le son et surfer sur les étoiles" !

 


Par Yosha - Publié dans : Zik
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Mercredi 20 août 2014 3 20 /08 /Août /2014 10:00

rouge-tagada.jpg

 

"Rouge tagada" est un roman graphique à destination des ados... mais très agréable à savourer avec le recul et la maturité de l'âge adulte ! ;-)

Il m'a fait replonger dans cette période sucrée amère. Le trait, l'histoire, le texte sont simples mais tout sonne juste, sans mièvrerie. Je me suis retrouvée propulsée à cet âge où l'on pouvait passer des aprèms à s'enfiler des paquets de sucreries acides, où l'on se jetait à coeur perdu dans des amitiés fusionnelles exclusives, où l'on noircissait les pages d'un journal intime dans lequel tout prenait une importance démesurée... où l'on était tellement entier et vulnérable.

 

Merci Bergamotte pour la découverte ! :-)

 

Par Yosha - Publié dans : BD
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