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10 décembre 2014 3 10 /12 /décembre /2014 16:04
Cette BD de plus de 200 pages est à lire. Absolument. Parce qu'on sent que l'auteur, Fabien Toulmé, s'y est investi entièrement. Que son histoire ne peut que bouleverser. Et changer, peut-être, au passage, notre regard sur la "norme". Celle qu'il n'attendait pas, c'est sa fille. Il l'avait imaginée différente, semblable à sa fille aînée. Et il n'accepte pas sa trisomie. Il ne parvient pas à l'aimer, à créer de lien avec elle et sa culpabilité rend la situation d'autant plus douloureuse. Mais il finit par réaliser que même si ce n'est pas celle qu'il attendait, il est content qu'elle soit là. "Ce n'est pas toi que j'attendais" retrace le chemin d'un amour parental à construire et donne au passage une belle leçon de tolérance.
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20 août 2014 3 20 /08 /août /2014 08:00

rouge-tagada.jpg

 

"Rouge tagada" est un roman graphique à destination des ados... mais très agréable à savourer avec le recul et la maturité de l'âge adulte ! ;-)

Il m'a fait replonger dans cette période sucrée amère. Le trait, l'histoire, le texte sont simples mais tout sonne juste, sans mièvrerie. Je me suis retrouvée propulsée à cet âge où l'on pouvait passer des aprèms à s'enfiler des paquets de sucreries acides, où l'on se jetait à coeur perdu dans des amitiés fusionnelles exclusives, où l'on noircissait les pages d'un journal intime dans lequel tout prenait une importance démesurée... où l'on était tellement entier et vulnérable.

 

Merci Bergamotte pour la découverte ! :-)

 

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16 février 2014 7 16 /02 /février /2014 17:49

Polina

 

J'avais découvert Bastien Vivès avec "L'amour", une BD humoristique, mais je n'avais vraiment pas accroché à son humour cru et cynique. Mais depuis, j'ai lu "Le goût du chlore", "Amitié étroite" et "Polina" et je préfère clairement cet auteur dans ce registre plus profond. En peu de mots, Bastien Vivès sonde la psychologie, les aspirations profondes de ses personnages et on vibre en vivant leurs histoires.

 

"Polina" retrace le parcours d'une jeune danseuse : ses débuts, ses hauts et ses bas, son premier amour et sa relation avec le professeur qui l'a formée.

Le trait de l'auteur, esquissé, un peu flou, peut déconcerter mais il colle à l'histoire, aux personnages qui se cherchent. Et ce flou lui permet également de varier l'air de rien la physionomie d'un personnage, le faisant apparaître de différentes façons en fonction du regard qui le contemple...

Les réflexions qui émaillent le récit peuvent, je pense, parler à chacun d'entre nous même si elles se réfèrent à la danse :

 

"Un artiste est en permanence insatisfait car il recherche une certaine perfection. Mais ce n'est qu'à la fin de sa vie qu'il pourra se rendre compte de la valeur réelle de ce qu'il aura réalisé."

 

"Les gens se trouvent toujours de bonnes raisons avant d'agir. Sachez qu'il n'y a pas de bonnes ou mauvaises raisons, et que les gens qui se justifient ont déjà perdu."

 

"Les gens ne voient pas ce qu'on ne leur montre pas."

 

"Il ne sert à rien d'aller le plus haut possible, si on ne prend pas le temps de contempler."

 

Et j'ai été touchée par la façon dont Bastien Vivès parvient à retranscrire la complexité de la relation maître-élève où, malgré les apparences, un échange se crée, un lien fort et précieux.

 

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13 juillet 2013 6 13 /07 /juillet /2013 07:03

la-pluie.jpg

 

Encore une découverte BDesque que je dois à Moka. Surtout que le graphisme si particulier ne m'aurait pas attirée sans son billet je pense.

 

Il se dégage de cette BD toute en teintes ocres et contours délavés une grande mélancolie.

Pourtant, les premières cases nous présentent un couple complice et amoureux, heureux, sur une plage. Mais on comprend vite que quelque chose a changé même si tout en apparence semble habituel.

Peut-être Maya est-elle un peu distante, comme si elle lui échappait dans ses silences et les heures passées à la maternité à faire naître les enfants des autres...

Peut-être est-ce lui qui se pose trop de questions à ses heures perdues qu'il peine à remplir...

 

On navigue entre leur rencontre en milieu aquatique, les moments clés de leur relation et ce présent douloureux où la pluie n'en finit pas de tomber, un déluge à l'image de leur histoire sur le point de sombrer.

Beaucoup d'eau donc dans cette histoire...

Refuge ou rempart pour le personnage principal qui y enchaîne les longueurs jusqu'à épuisement.

Mais derrière ce rideau de pluie, Maya s'éloigne...

On sent qu'un point de non retour est atteint mais la raison ne sera révélée que tardivement.

La pluie qui devient boueuse signe le naufrage de leur histoire où l'amour se révèle insuffisant.

L'immersion finale prend une dimension de rite purificateur, plongée en apnée dans ses peurs... est-ce trop tard ? A chacun d'imaginer ce qu'il veut suivant sa nature plus ou moins optimiste !

 

Ce que j'aime dans cette BD c'est que derrière son originalité graphique les mots ne font que suggérer, laissant le lecteur vivre l'histoire à sa manière. Le texte concis a des allures de poème, j'ai pensé à "Déjeuner du matin" de Prévert en le lisant.

On peut, je suis sûre, reparcourir ce chemin proposé par Lambé & De Pierpont à différentes périodes de sa vie et y puiser des sens toujours nouveaux.

 

Cette histoire de déluge vue à travers le regard d'un homme un peu paumé est inclassable, inépuisable et envoûtante.

 

Un autre avis tout aussi enthousiaste : Lasardine 

 

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9 juin 2013 7 09 /06 /juin /2013 16:23

Quartier-lointain.jpg

 

En attendant de trouver "Les années douces", je me suis plongée dans "Quartier lointain" de Jiro Taniguchi. J'avais été un peu déçue par "Un ciel radieux" mais "Quartier lointain" m'a complètement emportée. On y suit l'étrange expérience vécue par Hiroshi, qui fait un bond dans le temps en arrière pour revivre l'année de ses quatorze ans, avec son expérience d'homme de quarante-huit ans.

Ce retour dans le passé s'accompagne d'une plongée dans des secrets de famille et traite finalement de la quête existentielle de chacun. Rêve, réalité ? Les frontières sont un peu floues et c'est ce qui m'a plu, contrairement à un roman comme "Replay". 

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15 mars 2013 5 15 /03 /mars /2013 06:38

"Les larmes ne viennent plus depuis quelques temps, juste la colère."

 

D-autres-larmes.jpg

 

C'est grâce à Moka que j'ai découvert ce recueil de nouvelles graphiques de Jean-Philippe Peyraud. "Telles des nouvelles à chute" "un recueil de petites scènes de couples", je me suis empressée de me le procurer et je n'ai pas regretté !

Son charme mélancolique m'a emportée. En quelques cases, peu de mots, l'auteur parvient à créer une atmosphère, insuffler à ses personnages une psychologie complexe et nous tenir en haleine jusqu'au dénouement plus ou moins tragique ou inattendu.

 

Le trait est simple, léger, varié et accompagne parfaitement ces personnages ancrés dans leur solitude, un peu paumés, comme flous à eux-mêmes. La dernière histoire bascule de façon inattendue du côté du fantastique... même si finalement on n'est jamais très loin du cauchemar éveillé, je pense en particulier à "Lame de fond"...

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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 07:33

J'ai découvert cet auteur dessinateur humoriste avec ses albums pour enfants, "Pourquôôââ ?" et "La planète bizarre".

 

PourquôôââDans le premier, une petite grenouille interroge son papa grenouille (ou sa maman grenouille ?) au moment du coucher en une succession de "Pourquôôââ" existentiels. Papa grenouille (ou maman grenouille ?) répond avec une patience (et une imagination) exemplaire... jusqu'à ce qu'il / elle craque !

 

 

 

 

 

la planète bizarreDans le second, on découvre une étrange planète où il pleut des saucisses, où les lapins font coin coin, où les mamans ont des grandes moustaches et où l'on donne des gâteaux à la fraise aux enfants qui ne sont pas sages... Les réactions des enfants à cet album sont aussi drôles que surprenantes : qu'il pleuve des saucisses, pourquoi pas mais un lapin qui fait coin coin, ah ça non ! Et pas question de laisser les chiens volants manger les gâteaux à la fraise...

 

 

 

 

Son univers pour adultes est à peine moins débridé et très corrosif. J'hésite sur l'ouvrage à me procurer en premier, les titres étant tous plus attractifs les uns que les autres : "Le monde merveilleux de l'entreprise", "Le doute est partout", "Le futur ne recule jamais", "Tout s'arrange même mal"...

 

voutch 

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19 décembre 2012 3 19 /12 /décembre /2012 17:42

les-parisiens.jpg

 

Après le succès de la vidéo Ce que disent les Parisiens, My Little Paris sort le livre "Les Parisiens", écrit par Amandine Péchiodat et illustré par Kanado Kuno (qui traite en fait surtout des Parisiennes).

 

Un livre léger sur le fond et dans le trait, qui croque et s'adresse à une certaine catégorie de Parisiens... Les dessins sont dans la lignée de ceux de Margaux Motin, Penelope Bagieu, Astrid M... mais - ce doit être la magie de Paris - j'ai aussi pensé à Sempé !

J'aime bien l'incipit "On ne naît pas Parisien, on le devient." et l'humour plein de tendresse pour ces névrosés de Parisiens pas si méchants dans le fond...

Mes coups de coeur : "L'immeuble idéal" très bien pensé avec notamment un retraité fou de plomberie et "Dans le métro il y a toujours..." Oui, il y a toujours celui qui crie : "Lais-ser sor-tir les gens !"

Un livre un peu creux et vain mais plutôt bien vu et attachant... comme un Parisien ?!

Seul bémol : les photos aux mises en scène lourdingues qui entachent la beauté de Paris.

 

Un petit aperçu :

 

Paris-est-tout-petit.JPG

Mon illustration préférée ! Oui, je sais, c'est très cliché mais elle est belle quand même... Un petit côté "La nuit étoilée" de Van Gogh ! 

 

 coeur-brise.JPG

Suite logique...

 

apres-un-rencart.JPG

"6 juin 2012 22 :20

Salut, merci pour cette très belle soirée !

 

6 juin 2012 23 : 40

Salut, tu n'as peut-être pas reçu mon texto précédent, je disais : merci pour cette très belle soirée."

 

Du Dorothy Parker moderne ! Je vous conseille vivement la nouvelle "Le coup de téléphone" (parue dans le recueil "La vie à deux"). Comme quoi les moyens de communication changent mais pas le coeur des hommes...

 

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22 juillet 2012 7 22 /07 /juillet /2012 09:53

Daytripper.JPG

 

ATTENTION CHEF D'OEUVRE !

 

"Il y a beaucoup de choses difficiles à comprendre dans la vie, et certaines plus compliquées à exprimer avec des mots. L'amitié en fait partie."

 

Daytripper est une bande-dessinée écrite par Gabriel Ba et Fabio Moon, deux frères jumeux brésiliens.

On y suit Bràs de Oliva Domingos, un journaliste au service nécrologie, qui aspire à devenir écrivain comme son père. L'originalité réside dans la structure de cette BD, chaque chapitre raconte un épisode de la vie du personnage et se termine par sa mort. Rassurez-vous, je ne révèle rien car les auteurs ont rendu le lecteur complice en lui révélant dès le début cette structure. Les épisodes ne se déroulent pas de façon chronologique ce qui évite la monotonie. Ainsi, chaque grande période de la vie de Bràs, l'enfance, l'insouciance des années étudiantes, la fin d'un amour... se termine par sa mort. Mais lorsqu'on le retrouve dans un autre épisode, on s'aperçoit qu'il a évolué, que cette mort lui a permis d'avancer.

Les illustrations nous transportent au Brésil et le texte, très riche, fourmille de réflexions sur les thèmes de la vie, la mort, l'amitié, l'amour, la solitude, la famille, le destin et les choix.

 

Je ne résiste pas à citer la préface de Cyril Pedrosa : "Daytripper est un livre fraternel, de la vie d'ici et d'ailleurs, où les jeux narratifs, comme des coups de dés du destin, inventent les multiples vies possibles de Bràs, en réponse à cette question que nous connaissons trop bien : qu'aura été ma vie si elle s'arrêtait aujourd'hui ?"

 

Mes chapitres préférés sont les trois derniers mais bien sûr ils prennent tout leur sens à la mesure de ce qui précède.

Dans le chapitre 8, l'absence du personnage est indiquée par sa présence en creux : sa place vide dans le lit, sa chaise et ses petits messages (post-it, textos...).

Le chapitre 9 est complètement onirique, on y navigue entre le rêve et la réalité un peu à la manière de films comme "Abre los ojos" d'Alejandro Amenabar ou "Le charme discret de la bourgeoisie" de Luis Bunuel.

Et le chapitre 10 est l'apothéose où toutes les clés du récit nous sont enfin données sous la forme d'une lettre magnifique. La dernière page m'a vraiment serré le coeur...

 

Vous l'aurez compris, j'ai adoré ce livre, je l'ai lu d'une traite et je ne peux que vous conseiller d'en faire autant !

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4 juillet 2012 3 04 /07 /juillet /2012 11:33

a nous deux Paris 

J'aime beaucoup le thème de cette BD écrite par un Japonais : nous raconter son séjour à Paris, ce qui lui a plu (ou pas), l'a étonné, choqué...

Il faut bien que je précise que je suis une "sale parisienne" avec tout ce que cela comporte : la banlieue est pour moi une espèce de no man's land imprécis, quand des amis m'invitent chez eux à Châtenay-Malabry ou à Lagny-sur-Marne j'ai l'impression de partir pour une expédition au bout du monde... Je suis fière de vivre dans cette ville (la plus belle du monde) et rien que la pensée de la quitter me serre le coeur ! Pourtant, je connais et subis ses inconvénients au quotidien mais je pense que c'est le propre de toutes les grandes villes, je ne suis pas sûre que les Londoniens ou les New Yorkais soient plus civilisés et puis oui, on est speed, non on n'est pas souriants mais dire bonjour à toutes les personnes que l'on croise n'est franchement pas possible (on passerait en prime pour légèrement cinglé) et qui a envie de flâner dans le métro ?

Pour nous défendre mes congénères et moi, je dirais qu'on a quand même un certain sens de l'auto dérision car je me rappelle des éclats de rire dans les salles de cinéma quand passaient les fameuses pubs pour le Parisien "Il vaut mieux l'avoir en journal".

 

Bref, j'en reviens au thème de cet article, la BD "A nous deux, Paris" de J.P. Nishi. J'ai beaucoup aimé les illustrations de Paris, on reconnaît tout de suite tel ou tel endroit, même les moins connus (un grand moment d'émotion quand je suis tombée sur une illustration du métro Lamarck-Caulaincourt !), je trouve l'atmosphère très bien captée et la plupart des anecdotes sont assez marrantes. Mentions spéciales pour la rencontre avec un fou du Japon,  la sauce de soja sucrée et la coutume des bisous. Après c'est quand même assez inégal...

Dans le fond, j'ai plus perçu le regard d'un Japonais sur les Français en général que sur les Parisiens et ce qui est marrant c'est que concernant les épisodes plus spécifiques à Paris comme le Velib' ou vivre au sixième étage, le ressenti de J. P. Nishi est celui d'un vrai Parisien !

 

Pour un autre point de vue, voir cet article sur le blog Manga Latte.

 

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