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10 avril 2013 3 10 /04 /avril /2013 10:30

silhouette.jpg

 

Le nom de Jean-Claude Mourlevat revenant sans cesse sur les blogs, j'étais très curieuse de le lire ! C'est chose faite avec son dernier livre, "Silhouette", un recueil de nouvelles captivant. Une phrase peut résumer ces histoires pourtant très différentes : "Les choses se déroulent rarement comme on les imagine. La vie, dans son infinie variété, se joue bien de nos prévisions."  Et Jean-Claude Mourlevat se joue bien de nos prévisions de lecteurs jusqu'à la nouvelle finale, une mise en abyme pleine d'humour !

Les chutes sont souvent cruelles, toujours inattendues voire choquantes... je pense à la "double chute" de "Case départ", ce piège se refermant sur son personnage m'a flanquée un petit coup au coeur... Mais c'est finalement l'émotion qui prend le dessus avec "Love", "Ouessant", "Mon oncle Chris" ou "Les jolis nuages" où des personnages à première vue ordinaire acquièrent une dimension héroïque.

En lisant ce recueil je me suis dit que le bonheur tenait finalement à peu de choses - un château de sable, un poème - et qu'il fallait le reconnaître et le savourer quand il était là.

 

D'autres avis : Leiloona, Moka, Qu'importe le flacon..., Lael

et pour contrebalancer tous ces éloges, un avis plus mitigé : D'un livre à l'autre

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6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 15:02

"What goes around comes around"

 

this-perfect-world.jpg

 

Ce "monde parfait" est celui de Laura, femme d'avocat, mère de deux enfants, qui mène une vie aisée et paisible. Son existence est rythmée par ses cours de yoga, les déjeuners entre amies où les discussions tournent autour de préoccupations futiles - quelle machine à pain acheter, quelle couleur de parquet choisir - les costumes à coudre et les gâteaux à préparer pour les fêtes de l'école...

Et puis un jour, Laura reçoit un coup de téléphone de Mrs Partridge, la mère d'une ancienne camarade de classe, Heddy, internée dans un hôpital psychiatrique. L'enfance de Laura lui revient alors par bribes, Heddy était son souffre-douleur. Mais cette incursion du passé dans sa vie actuelle si parfaite va s'avérer lourde de conséquences.

 

J'ai été touchée par l'écriture simple et profonde de Suzanne Bugler. A mesure que le regard de Laura sur sa vie devient de plus en plus lucide, l'humour cède le pas à l'émotion. Les thèmes abordés, l'enfance et la façon dont elle nous façonne, adultes, les rapports parents-enfants, les relations de couples et surtout, ce que nous sommes, réellement au fond, indépendamment de l'image que nous voulons donner, sont traités avec beaucoup de justesse.

 

"On the wall beside the mantelpiece is a photo taken of us all last year : a studio shot in which we are tumbling together against a background of white, bare-footing and laughing. You know the sort of thing ; you'll have seen similar photos of similar families in similar houses to ours. It shows us in our uniform, our disguise. See how good-looking we all are, with our perfect teeth and our shiny hair. It's a PR shot. It shows us as we want to be seen, not as we really are."

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13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 07:24

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J'ai découvert John Green un peu tardivement avec son dernier roman "Nos étoiles contraires". Bien que ses romans soient estampillés "teen novels", j'ai été extrêmement touchée par son écriture et les thèmes qu'il aborde et je me suis empressée de me procurer son premier roman, "Looking for Alaska" (en Français "Qui es-tu Alaska ?"). Une rencontre un peu ratée, qui aurait dû avoir lieu il y a 16 ans (mais c'était impossible)... A cette époque, je pense que ce livre aurait été une révélation pour moi, il aurait eu le même impact que  "An Imperial Affliction" pour Hazel dans "Nos étoiles contraires" :

"It wasn't even that the book was so good or anything ; it was just that the author, Peter Van Houten, seemed to understand me in weird and impossible ways. An Imperial Affliction was my book, in the way my body was my body and my thoughts were my thoughts."

 

J'ai aimé le thème récurrent de John Green (la quête d'un sens de l'existence), la justesse avec laquelle il traite de l'adolescence et la façon dont il aborde, encore une fois, un sujet difficile.

J'ai moins aimé le cadre où se déroule l'intrigue, un pensionnat, avec les incartades et menaces d'expulsion afférentes qui ne m'ont pas vraiment passionnée.

Le récit se déroule en deux parties, la première étant le compte à rebours d'un événement inconnu et la deuxième l'enquête qui suit cet événement. La deuxième partie est très forte mais j'ai assez vite décroché de "l'enquête" ayant trouvé la "solution" assez rapidement. C'était frustrant de suivre ces personnages qui peinaient et piétinaient pour la résoudre.

 

"You spend your whole life stuck in the labyrinth, thinking about how you'll escape it one day, and how awesome it will be, and imagining that future keeps you going, but you never do it. You just use the future to escape the present."

 

"There comes a time when we realise that our parents cannot save themselves or save us, that everyone who wades through time eventually gets dragged out to sea by the undertow - that, in short, we are all going."

 

"That is the fear : I have lost something important, and I cannot find it, and I need it. It is fera like if someone lost his glasses and went to the glasses store and they told him that the world had run out of glasses and he would just have to do without."

 

La critique de Leiloona

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8 mars 2013 5 08 /03 /mars /2013 08:37

la musique

 

"La musique" de Yukio Mishima est un roman étrange. L'intrigue m'a vaguement rappelé celle d'"Un mensonge presque parfait" d'Howard Roughan - la relation pleine de manipulation entre une patiente et son analyste - mais là où Roughan en a tiré un polar, Mishima s'est attaché à insuffler une authenticité médicale à son histoire. Le sous-titre de "La musique" est "Un cas de frigidité féminine observé en psychanalyse" et le narrateur de l'histoire, le docteur Shiomi Kazunori, tente de relater ce cas de la façon la plus précise et objective possible.

C'est un roman étrange car en dépit d'un thème qui ne m'attirait pas du tout - l'hystérie féminine - et d'une couverture aussi peu attractive que possible, il est parvenu à me captiver. L'énigme que représente le personnage de Reiko y est sans doute pour beaucoup, ainsi que l'écriture fluide de Yukio Mishima. La surabondance de concepts freudiens a tout de même fini par me lasser !

La "musique" est la métaphore qu'emploie Reiko pour parler de sa frigidité : elle ne parvient pas à entendre la musique. Le docteur Shiomi y voit tout d'abord un cas banal mais il s'attache à cette patiente qui pourtant ne cesse de lui mentir et semble se jouer de lui.

 

"Une rencontre non pas hasardeuse mais inéluctable. La brise marine, l'écho lointain des rires des gens heureux, l'éclat vert des vagues grossissantes, et au milieu de tout cela, une seule certitude : le malheur avait distingué le malheur, le manque avait flairé le manque. D'ailleurs, c'est toujours ainsi que se font les rencontres entre les êtres."

 

"Car quoi qu'on puisse en dire, l'éclair que l'amour fait briller dans le coeur de l'homme, et le pan de ciel bleu qu'il y jette par intermittence dans la nuit, nous les connaissons, nous les avons vus."

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28 février 2013 4 28 /02 /février /2013 17:44

"it is the nature of stars to cross, and never was Shakespeare more wrong when he had Cassius note, "The fault, dear Brutus, is not in our stars / But in ourselves."

the-fault-in-our-stars.gif

 

C'est grâce à Leiloona que j'ai découvert ce livre de John Green qui parvient à traiter d'un sujet sensible et douloureux - le cancer des enfants - sans tomber dans le pathos... Bien sûr, c'est un livre poignant, qui m'a complètement retournée, mais sa force réside sûrement dans le fait qu'il va au-delà de ce thème et nous amène à réfléchir sur la vie, son miracle, son mystère, son absurdité, la douleur qui va avec...

Et puis, c'est aussi une magnifique histoire d'amour...

A tout cela s'ajoute une mise en abîme réussie d'un roman dans le roman et même quelques touches d'humour absolument pas décalées car encore une fois c'est un livre sur la Vie !

J'ai dévoré ce livre tout en redoutant d'arriver à la fin... une métaphore de la vie ?!

Et j'ai repensé à un livre qui m'avait beaucoup marquée ado sur le même thème, "Un été pour mourir" de Lois Lowry qui traite de la leucémie d'une adolescente à travers le regard de sa soeur.

 

Un de mes passages préférés, cette annonce poético-philosophique sur une balançoire :

"Desperately  Lonely Swing Set Needs Loving Home

One swing set, well worn but structurally sound, seeks new home. Make memories with your kid or kids so that someday he or she or they will look into the backyard and feel the ache of sentimentality as desperately as I did this afternoon. It's all fragile and fleeting, dear reader, but with this swing set, you child(ren) will be introduced to the ups and downs of human life gently and safely, and may also learn the most important lesson of all : No matter how hard you kick, no matter how high you get, you can't go all the way around."

 

 

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23 février 2013 6 23 /02 /février /2013 07:17

le-reve-de-l-escalier.jpg

 

J'avais découvert Dino Buzzati avec "Le Désert des Tartares", roman qui m'avait plongée dans une sorte de transe... une vraie claque qui nous rappelle le côté dérisoire de notre vie.

"Le Rêve de l'escalier" est un recueil de nouvelles que j'ai déniché dans une librairie à Québec il y a une dizaine d'années, il neigeait et la découverte de ce livre avait un petit côté miraculeux... vous savez, il s'agit d'un de ces vieux livres au papier jauni et à l'odeur si particulière... 

J'adore le côté absurde et surréaliste de ces nouvelles et en particulier celles sur la distortion du temps. "La Grand-mère" est un texte incroyable !

 

"Le temps, on le sait, est irréversible. Et pourtant, de même que le cours fatal des fleuves permet ça et là des bouillonnements, des tourbillons, des contre-courants qui pourraient presque faire croire à des exceptions à la loi de la pesanteur, de même, sur la peau démesurée du temps se produisent parfois de petites crevasses, des verrues, des vergetures, qui pour de brefs instants nous laissent suspendus dans une dimensions arcane, aux extrêmes confins de l'existence."

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22 février 2013 5 22 /02 /février /2013 17:04

"On croit que l'amour est fusionnel. Sous le même toit, il le devient beaucoup moins."

Barbe bleue

 

Je ne suis pas une grande fan d'Amélie Nothomb mais son dernier roman m'intriguait car le conte "La Barbe Bleue" est mon préféré ! Entre la pièce secrète macabre, le détail de la clé tachée d'un sang indélébile et le sauvetage final in extremis, on baigne dans l'univers du maître du suspense ! 

Le thème de la curiosité est porteur, que ce soit dans les contes (Boucle d'or...), la mythologie (La boîte de Pandore) ou la Bible (ah, cette pomme de malheur...). Dans la vie quotidienne, il suffit qu'on nous dise : "Je ne peux pas t'en parler..." pour éveiller notre curiosité ! Alors quoi de plus attirant qu'une pièce interdite ? C'est peut-être là où le "Barbe bleue" d'Amélie Nothomb est le plus réussi mais aussi le plus raté...

Je résume le début de l'intrigue et je reviens à cette affirmation contradictoire !

Saturnine, une jeune belge, accepte une colocation étonnante dans l'hôtel privé de don Elemirio Nibal y Micar. Elle apprend que les huit précédentes colocataires ont mystérieusement disparu et don Elemirio lui explique qu'elle ne doit en aucun cas pénétrer dans sa "chambre noire" ou il lui en "cuira".

Ma curiosité sur cette fameuse chambre noire, ce qu'elle contient, le sort des précédentes colocataires a bien entendu été éveillée mais... pas celle de Saturnine ! Faisant preuve d'un cran et d'un courage hors du commun, elle se prélasse dans son lit d'un confort extraordinaire, marche pieds nus sur le sol de marbre chauffé, dîne chaque soir avec son hôte au champagne et le rembarre allègrement !

Les dialogues à bâtons rompus sont d'ailleurs l'essentiel du livre, pleins de spiritualité, ils offrent une vision hédoniste de l'existence dont le but serait de jouir de tout ce qu'elle a à nous offrir : le champagne, l'or, l'amour, les oeufs... Mais tout ça est finalement assez creux et vain et je comprends Saturnine lorsqu'elle se demande "Qu'est-ce qui m'empêche de m'asseoir sur ce banc et d'y attendre la mort ?" 

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11 février 2013 1 11 /02 /février /2013 05:34

J'avais découvert Hanif Kureishi avec son roman "Intimité" et été séduite par sa plume délicate pour décrire les sentiments qui nous dirigent.

"Nous marchions ensemble, perdus dans nos pensées. Je ne sais plus où nous étions, ni même quand cela se passait. Puis tu t'es approchée pour me caresser les cheveux et me prendre la main ; je sais que tu me tenais la main et que tu me parlais doucement. Soudain, j'ai eu l'impression que tout était parfait, qu'on n'aurait plus rien à ajouter à ce bonheur, à ce contentement. C'était tout ce qui était, tout ce qui pouvait être. Le meilleur de tout était concentré dans cet instant et ce ne pouvait être que de l'amour."

 

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J'ai retrouvé cette écriture fine et sensible dans "La lune en plein jour" (titre original "Midnight All Day"), un recueil de dix nouvelles autour du thème récurrent et un peu obsessionnel de l'amour qui s'étiole et de la difficulté à reconstruire sa vie.

Hanif Kureishi parvient en quelques phrases à faire naître de magnifiques atmosphères mélancoliques chargées pourtant d'une petite note d'espoir...

"Je reste planté sur le seuil du salon de thé à la regarder retraverser le parc sous les arbres, elle a un parapluie blanc et, son fils courant devant elle, elle marche d'un pas si léger que c'est à peine si elle dérange les gouttes de pluie sur l'herbe. Je suis sûr que c'est son rire que j'entends flotter dans l'air comme un djinn impalpable."

Les personnages de ces histoires en sont presque tous à leur deuxième vie, ils n'ont plus la même fougue, ont perdu au passage quelques illusions mais veulent encore croire à l'amour, au bonheur.

"Quatre chaises bleues" est une métaphore assez insolite de ce combat. La tension est palpable autour d'une situation en apparence anodine - ramener quatre chaises bleues - et pourtant lourde d'enjeux.

"Des cailloux à sucer"  est assez cruelle : on y assiste à la rencontre entre une aspirante écrivain et une écrivain à succès qui ne s'intéresse à elle qu'en tant que personnage potentiel de son prochain roman. Le mécanisme de la création, nos passions, rêves, le talent, le succès, y sont disséqués sans concession. Et au final, il ne reste que "des cailloux à sucer".

La dernière nouvelle, "Le pénis" m'a complètement déroutée. L'aspect surréaliste que j'apprécie normalement beaucoup m'a semblé ici juste grotesque.

 

J'ai aimé la thématique de ces nouvelles : l'amour, le temps qui passe, la peur de vivre sa vie, la création mais j'ai un peu regretté d'avoir l'impression de retrouver sans cesse le même personnage, cet homme d'âge mûr légèrement déprimé qui a quitté sa femme et ses enfants pour vivre son désir pour une femme plus jeune, sorte de reflet à l'infini de Kureishi.

 

"Je me rends compte, depuis ma liaison avec Florence, qu'il n'y a pas de plus dangereuse dissimulation que ce qu'on n'ose pas dire."

"On est infaillible dans le choix de ses amants, surtout quand on cherche la personne qui ne convient pas."

"C'était si simple de tomber amoureux : on n'avait qu'à se laisser aller. Mais s'habituer à quelqu'un d'autre, entretenir un amour, c'était un sacré travail, pas facile."

"La littérature ne recommande rien. Ce n'est pas un guide mais tu as quand même appris que l'imagination soulève quelque chose pour l'emmener ailleurs, en le modifiant dans son envol. L'idée originale n'est qu'un prétexte."

Et, au passage, une jolie définition de la paternité (valable aussi, à mon sens, pour la maternité !) : "Ca m'a pris un moment, mais je m'habitue à être à sa disposition et à profiter de sa présence plutôt que de considérer ce que je veux comme le plus important."

 

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1 février 2013 5 01 /02 /février /2013 15:40

La_fabrique_des_illusions_1349106676.jpg

 

Je n'avais pas été vraiment emballée par le précédent Jonathan Dee, "Les privilèges mais "La fabrique des illusions" a répondu à toutes mes attentes romanesques. Un style épuré qui en quelques mots nous plonge dans la frénésie new yorkaise ou la moiteur alanguie de la Virginie, des thèmes qui sont matière à réflexion (la pub, l'art...) et surtout l'épaisseur psychologique des personnages. Sans oublier une grande histoire d'amour !

 

J'ai pourtant eu du mal à rentrer dedans, le foisonnement de détails m'ennuyait un peu, mais quelques dizaines de pages ont suffi pour me faire oublier ce travers et j'étais avec Molly, puis John, puis Molly... à tel point qu'à chaque changement narratif je me sentais un peu coupée dans mon élan ! Oui, car la structure de la première partie nous présente les vies des deux personnages principaux en alternance jusqu'à ce que... Je n'en dis pas plus !

 

Je n'ai pas pu m'empêcher de penser que Jonathan Dee avait dû s'identifier à son personnage masculin et il a beau défendre de son mieux celui de Molly, je l'ai trouvée parfois agaçante... C'est peut-être ma jalousie féminine qui parle : trop belle, trop inconsciente de son charme, trop mystérieuse, trop trop trop... Mais j'ai bien aimé son côté évanescent, c'est une belle anti héroïne, sorte de cousine de "L'étranger" de Camus. Mais, si, je vous assure, j'ai d'autres références littéraires !

Palladio, l'agence de pub au centre de l'intrigue, m'a fascinée, me rappelant "Xanadu" dans Citizen Kane. Plus que sur l'art ou la consommation de masse, je me dis que finalement, Jonathan Dee s'est penché sur notre incommensurable solitude.

 

"Quand une chanson qu'on aimait - une chanson qu'on tenait à protéger, parce qu'on y entendait des subtilités que personne d'autre ne semblait capable d'entendre - était diffusé à la radio, c'était un événement, un petit don du ciel, une raison de croire aux bienfaits de l'attente, alors que le reste de la vie n'apportait rien qui puisse surprendre, rien qui donne foi dans les vertus du temps qui passe."

 

"C'était une de ces soirées comme on en connaît parfois, où tout semble aller bien et où une chambre fermée à clé paraît le cocon le plus douillet sur terre."

 

"Je me rappelle simplement avoir eu l'impression qu'Elaine portait une sorte de masque cette nuit-là, un masque qu'elle ne pouvait pas enlever, et que ce masque, c'était celui de son propre visage."

 

"Un peuple qui ne rêve pas n'accède jamais à la sincérité intérieure, car il n'y a que dans ses rêves que l'homme est réellement lui-même. Il n'y a que de ses rêves que l'homme est responsable - ses actes sont ce qu'il est obligé de faire."

 

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18 janvier 2013 5 18 /01 /janvier /2013 17:58

"Combien de fois racontons-nous notre propre histoire ? Combien de fois ajustons-nous, embellissons-nous, coupons-nous en douce ici ou là ? Et plus on avance en âge, plus rares sont ceux qui peuvent contester notre version, nous rappeler que cette vie n'est pas notre vie, mais seulement l'histoire que nous avons racontée au sujet de notre vie. Racontée aux autres, mais - surtout - à nous-même."

 

Julian-Barnes-Une-fille-qui-danse1

 

Je ne connaissais pas Julian Barnes, c'est réparé avec "Une fille, qui danse" (titre original "The sense of an ending") et je n'ai plus qu'envie : dévorer tous ses livres !

J'ai été captivée d'emblée par l'écriture fluide de Julian Barnes qui accomplit le tour de force d'aborder des thèmes tels que l'histoire, le temps, la vérité, la mémoire, les choix de vie, le sens de tout ça - ou son absence de sens - la responsabilité individuelle ou encore la causalité sans être indigeste. Car Julian Barnes est un merveilleux romancier !

Il nous raconte ici l'histoire de Tony, la soixantaine, divorcé paisible, "pacifiste", comme il aime à se décrire, sorte de cousin de "L'étranger" de Camus, qui se trouve brutalement replongé dans son passé lorsqu'il reçoit un legs étrange de la part de la mère d'une de ses anciennes petites amies. Ce passé lui apparaît peu à peu sous un jour différent et jette un nouvel éclairage sur sa vie actuelle.

J'ai été un peu déçue par la fin que je n'ai pas trouvée à la hauteur du reste du roman. Pour reprendre une citation du film "Dans la maison" : "Le secret d'une bonne fin c'est quand on se dit je ne m'attendais pas à ça et en même temps ça ne pouvait pas finir autrement."  La fin est surprenante à souhait, pour le reste... je vous laisse juges !

 

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