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11 novembre 2012 7 11 /11 /novembre /2012 13:56

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Je ne sais pas trop ce que je pensais lorsque je me suis laissée convaincre par Rémi de passer ce week-end prolongé dans un gîte dans les Cévennes... Je voulais aller à Prague, déambuler dans de petites ruelles tortueuses et savourer un bon chocolat chaud. Mon idée d'un week-end romantique... Pas celle de Rémi à en juger par les trois boîtes aux lettres qui se battent en duel à l'entrée... à l'entrée de quoi d'ailleurs ? Un mur de pierres et derrière, une étendue de campagne vierge. Toute vie humaine semble hautement improbable au-delà ou alors dans une yourte ! Mais Rémi a les yeux brillants et cela fait longtemps qu'il ne m'a pas paru si animé et heureux alors je fais contre mauvaise fortune... Une ouverture fait office de porte dans le mur, nous la franchissons.

J'aperçois une ferme, et deux maisons. Je reste plantée là avec ma petite valise. Je pense aux dossiers sur lesquels j'avais prévu de travailler et que Rémi m'a convaincue de laisser à Paris et je les regrette déjà. Le bruit des cloches des vaches me fout vaguement le cafard. Le week-end va être long... Depuis que Rémi a passé quelques jours dans ce fameux gîte, seul, "pour réfléchir", je dois bien reconnaître qu'il a changé. Mais je ne suis pas sûre de pouvoir m'habituer à ces changements : iI est devenu un peu "ours" pour tout dire. Alors oui, j'apprécie qu'il soit plus attentionné envers moi mais nos soirées mondaines me manquent.

A peine sommes-nous installés que Rémi veut ressortir, pour me présenter son "amie" Maud. Il l'a rencontrée lors de son fameux séjour au gîte et j'en ai tellement entendu parlé que j'en aurais fait une rivale, si elle n'avait pas l'âge d'être ma grand-mère.

Rémi m'entraîne à travers la campagne, j'ai du mal à le suivre, comme d'habitude. Nous arrivons enfin chez Maud qui nous accueille avec chaleur. Je me sens intimidée, mal à l'aise. Cette femme a un regard perçant derrière ses lunettes à grosse monture démodée. Rémi et elle partagent une complicité dont je me sens exclue. Je finis par prétexter une migraine pour m'éclipser.

Le soir, Rémi se montre tendre et attentionné et j'essaie de me détendre mais je suis inquiète. J'ai besoin de l'agitation et du bruit de la ville. Si Rémi se met à nous prévoir régulièrement de telles escapades, je vais avoir beaucoup de mal à le suivre.

"J'ai pris une grande décision !"

Je n'apprécie que très moyennement l'annonce fracassante de Rémi. Quand on est en couple, on consulte l'autre avant de prendre une grande décision... non ?

"Ah ?

- Oui ! J'ai décidé de m'installer à la campagne !

- [...]

- Tu ne dis rien ?

- Tu veux que je dise quoi ? On va être séparés, génial !

- Mais non, tu viens vivre avec moi bien sûr !"

Un sentiment de panique m'envahit. Quitter Paris, la ville de mon coeur, pour un coin de campagne paumé ? Je me reprends : quitter Paris pour l'homme que j'aime... Mon amour ne me semble pas assez fort.

"Mais j'ai ma vie à Paris, mon travail, ma famille, mes amis...

- On pourra y retourner régulièrement, garder un pied à terre, tu m'avais dit que ton boss envisageait de développer le télétravail ?

- C'est si soudain, là... J'ai besoin de réfléchir...

- Bien sûr... Mais imagine juste une vie paisible, retrouver l'essentiel, respirer, prendre le temps, cesser cette course infernale absurde, voir grandir nos enfants ailleurs que dans un coin de bitume..."

Rémi m'enlace mais je reste crispée.

La nuit, impossible de mettre mon cerveau au repos. Je frissonne dans mon débardeur et mon mini short à fleurs. Je repense à la période difficile que nous venons de traverser avec Rémi. Il avait l'air déprimé, impossible de le faire parler de ce qui le tracassait, il marmonnait des "Ca va" sans conviction et je commençais à avoir peur pour notre histoire si heureuse jusque-là... Il était parti quelques jours, pour "réfléchir, prendre du recul". J'avais cru tout perdre. Mais il était revenu détendu et apaisé et notre vie avait repris comme avant... Enfin, presque.

Cette fois, c'est différent, la suite de notre histoire dépend de mon choix, à moi. Et c'est d'autant plus vertigineux. L'image de ces trois boîtes aux lettres et de ce mur m'obsède... Mon amour pour Rémi n'est peut-être pas assez fort mais je me sens incapable de renoncer à la vie que j'aime, ma vie, pour lui. Je le regarde dormir paisiblement. Pourtant, je l'aime.

 

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5 novembre 2012 1 05 /11 /novembre /2012 07:34

Jacques

 

Sandrine Bonnaire dit s'être inspirée d'un homme que sa mère avait connu et qui n'avait pas réussi à tourner la page de leur histoire, sombrant jusqu'à devenir sans-abri. Elle a transposé la perte d'un amour par la perte d'un enfant et son film n'en tire que plus de force.

Jacques, de retour en France pour le décès de son père, recontacte Mado, avec laquelle il a eu autrefois une histoire et un enfant qui est mort dans un accident. Seule la douleur les unissait, ils se sont séparés. Mado a refait sa vie et eu un petit garçon, Paul. Jacques est resté anéanti et s'est réfugié dans le travail. Jacques cherche à nouer une relation avec Paul et Mado y consent au début avant de devenir réticente.

On croit à cette histoire, on croit à ce lien tissé entre un homme dévasté qui a perdu l'essentiel et un petit garçon qui sent qu'il a besoin de lui. Le film est porté par William Hurt, extraordinaire dans le rôle de cet homme qui décide de s'emmurer vivant, incapable de continuer à vivre en l'absence de son enfant. Alexandra Lamy, sorte d'alter ego de Sandrine Bonnaire est solaire et bouleversante.

Malgré un sujet délicat, tout sonne juste dans ce film poignant.

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4 novembre 2012 7 04 /11 /novembre /2012 12:11

Une photo, quelques mots

Atelier d'écriture proposé par Leiloona 

 

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Crédit photo : Romaric Cazaux

 

Lorsque je cours, je ne m'arrête jamais, je dis à peine bonjour aux gens que je croise. Mon i pod sur les oreilles, je m'évade, je fuis... Mais je ne sais pas pourquoi, cette silhouette de dos m'a interpelé, attiré. Plus les années passent et plus j'aime la compagnie des gens âgées. Ils ont beaucoup à nous apprendre, si on leur en laisse la possibilité. Plus les années passent et plus la solitude m'effraie aussi. Cette femme... est-ce bien une femme ? Les personnes âgées sont comme les nouveaux-nés, parfois on a un doute... Cette personne a l'air plongée dans sa contemplation, perdue dans ses pensées. Je suis parcouru d'une envie fulgurante, un besoin de les découvrir. J'ôte mes écouteurs, je ralentis ma foulée... et j'hésite à repartir en courant car j'aperçois son visage baigné de larmes. Que fait-on dans ces cas-là ? En ville, j'aurais détourné les yeux, fait semblant de ne pas voir, comme tout le monde, un peu par pudeur, par indifférence, par peur. Le malheur on l'évite tant qu'on peut, comme s'il était contagieux. A la campagne où l'on ne rencontre pas une âme qui vive sur des kilomètres, c'est différent... La possibilité de retrouver des rapports humains, réels, me titille. M'éloigner de Facebook et mes cent quarante-six amis fictifs qui me lancent des "likes" à tout va mais n'ont pas été fichus d'être là pour moi alors que je perdais pied. Ma colère me décide. Je m'approche...

 

Nous sommes attablés dans la cuisine de Maud devant un thé, nous mangeons des croquets piochés dans une boîte en fer et parlons, parlons...

Maud de la perte de son mari il y a deux ans mais c'est comme si c'était il y a deux mois, une amputation d'une partie d'elle-même, ses enfants et petits-enfants qui sont loin, sa tristesse de vieillir seule, même si on s'habitue, ses jambes qui ne fonctionnent plus bien et sa peur de finir en maison de retraite... Et moi de ma vie citadine trépidante et dénuée de sens, ma difficulté à me poser, ces quelques jours dans un gîte pour réfléchir, mes pensées qui tournent en rond en toute stérilité...

Cette femme inconnue m'écoute comme mes amis, ma famille n'ont pas su le faire. Avec intensité, sans me juger. Et même si les solutions que je recherche semblent encore bien lointaines, ça me fait du bien. Ca me fait du bien de parler avec quelqu'un de vrai ! J'ai envie de la remercier, de lui offrir un cadeau... Et soudain, je sais : je vais lui installer une web cam pour qu'elle puisse voir ses enfants !

 

Je cours, paisiblement. Je respire l'odeur de mouillé après la pluie, je sens le souffle du vent sur mon visage, suis la course des nuages... je me sens vivant ! Les jambes de Maud continuent à la soutenir vaillamment même si elle se repose de plus en plus sur sa canne. Et je crois que la joie de voir grandir ses petits-enfants la porte aussi un peu.

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2 novembre 2012 5 02 /11 /novembre /2012 08:56

 

Dès la première scène précédant le générique, on se retrouve happé par un univers futuriste étrange et glaçant... et pourtant si proche du nôtre.

 

Les loopers  - "boucleurs" - sont des tueurs à gage chargés de tuer pour la mafia des cibles envoyées dans le passé afin de les faire disparaître sans aucune trace. Mais l'une de ces cibles parvient à s'échapper (Bruce Willis) et pas n'importe laquelle puisqu'il s'agit du vieux moi d'un looper blasé, Joe (interprété par Joseph Gordon Levitt)...

 

Un film foisonnant, presque trop, l'histoire de télékinésie avec ce gamin cousin pas si éloigné de Carrie n'était peut-être pas indispensable au scénario. On s'y perd un peu... Mais comme le dit si bien Bruce Willis lors de son face à face avec son moi jeune, cela ne sert à rien de vouloir comprendre cette histoire de machine à remonter le temps, on s'embrouille et on se retrouve à faire des schémas sans fin... Petit clin d'oeil de Rian Johnson à nous autres, spectateurs ?

Les acteurs sont impeccables, Emily Blunt très juste dans le personnage de Sarah, mère immature sur le chemin de la rédemption.

Le champ de blé, décor récurrent du film, fait évidemment penser au maître du suspense même si on est plus proche du maître de l'horreur...

Rian Johnson avoue en tout cas avoir voulu rendre hommage à "La Jetée" de Chris Marker, véritable OCNI (Objet Cnématographique Non Identifié).

 

Un film original, prenant et bien mené !
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1 novembre 2012 4 01 /11 /novembre /2012 07:24

L'exposition "Van Gogh, rêves de Japon" à la Pinacothèque de Paris est complétée par l'exposition consacrée à Hiroshige mais je me suis contentée de la première, ce qui n'est pas si grave vu qu'à côté des tableaux de Van Gogh on trouve des reproductions de ceux d'Hiroshige dont il s'est inspiré. L'inspiration est d'ailleurs assez subtile. Malgré les panneaux mettant en avant les ressemblances, elles ne sont pas si faciles à observer.

 

Cette exposition m'a tout d'abord permis de corriger une idée reçue : le peintre japonais le plus connu n'est pas Hokusai, malgré sa célèbre Vague mais bien Hiroshige.

 

Sinon, je connaissais déjà l'influence du japonisme sur Van Gogh, ayant vu une exposition sur ce thème il y a quelques années... euh... dix ans ?!

Le brin d'herbe, la plante, la plante, la figure humaine. C'est le japonisme, ou plutôt le shintoïsme. Dans beaucoup de ses oeuvres, Van Gogh a représenté le "brin d'herbe", le visage d'un de ses amis ou son autoportrait. C'était assez perturbant car en regardant attentivement, on se mettait à voir des visages partout... Dans les fissures d'un rocher, le feuillage d'un arbre... Un peu comme lorsque l'on contemple les nuages. Peut-être certains sont-ils le fruit de notre imagination mais je me dis que c'est ce que Van Gogh voulait : que l'on regarde, ou plutôt contemple son oeuvre avec notre imagination et non pas froidement.

 

Ici, j'ai bien trouvé quelques visages cachés mais ce n'est pas du tout l'angle choisi pour l'exposition.

Les panneaux explicatifs rabâchent toujours un peu la même idée : l'enthousiasme de Van Gogh pour l'art nippon et le Japon en général, au point qu'il va même jusqu'à imaginer que le Sud, c'est le Japon ! 

Les estampes japonaises sont faites pour inciter à la contemplation, à la méditation. Lorsqu'ils observent un tableau, les Japonais restent très longtemps figés devant car ils pénètrent véritablement dans le tableau vivant ainsi une sorte d'expérience mystique. Le soin tout particulier donné à la perspective facilite cette projection dans le tableau.

 

J'ai décidé de choisir un tableau où je me sentirais bien, qui me donnerait envie d'aller faire un petit tour à l'intérieur. Celui-ci me faisant penser à un jardin d'Eden convenait parfaitement. Et puis même si les toiles représentant le jardin de son asile sont magnifiques, j'avais moins envie de me plonger dedans...

 

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J'ai bien aimé cette exposition qui permet de découvrir des oeuvres plus ou moins connues de ce génie sous un angle nouveau. En voici quelques-unes :

 

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  Pont basculant à Niew-Amsterdam

  Pins au coucher du soleil

  Pins au coucher du soleil

 

le semeur

 Le semeur

 

Oliveraie  Oliveraie

 

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Route de campagne en Provence, la nuit

 

Bonus (ne faisant pas partie de l'expo) : saurez-vous voir les visages qui se cachent dans ce dessin ?!

 

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Published by Yosha - dans Expos
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29 octobre 2012 1 29 /10 /octobre /2012 14:44

"Certains pensent que le divorce, ça ne sépare que les adultes. Chacun son gosse sous le bras et vogue la galère."

 

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"que nos vies aient l'air d'un film parfait" de Carol Fives est un roman sur un divorce et plus précisément la séparation qu'il engendre entre une soeur et son petit frère. L'histoire est narrée à plusieurs voix : le père, la mère et la soeur qui parle pour elle et pour son frère qui semble s'être muré dans un silence souriant. On baigne dans les années 80, le titre provient d'ailleurs d'une chanson de Lio, "Amoureux solitaires".

Je ne suis pas rentrée tout de suite dans ce livre. Le divorce et la façon dont les parents le vivent - mère dépressive, père qui pleure - m'ont laissée indifférente, en revanche, je trouve qu'il prend son envol à partir du moment où il aborde la douleur pour la soeur d'avoir été séparée de son petit frère. Il y a alors des passages vraiment magnifiques.

 

"Je te cherche dans des boîtes à musique où nous nous disloquons en silence, jamais dans le rythme, hors tempo."

 

"Les grands n'ont jamais rien compris. Les grands ont oublié qu'ils avaient eu un frère, une soeur, ou simplement un ami, un alter ego. En vieillissant, ils taisent cet amour-là, ils le changent en autre chose, de plus commun, de moins magique, ils oublient qu'avec l'eau à la fraise, un jour, ils ont fait de la framboise"

 

La lettre finale m'a un peu submergée, les non-dits sont finalement plus forts que les mots.

 

Pour lire d'autres avis, cliquez ici et merci à Leiloona pour cette découverte !

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Published by Yosha - dans Bouquins
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28 octobre 2012 7 28 /10 /octobre /2012 08:11

Une photo, quelques mots

Atelier d'écriture proposé par Leiloona

   

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Je l'observe à la dérobée mais il semble tellement plongé dans sa lecture que je pourrais tout aussi bien le fixer sans retenue. Je ne parviens pas à discerner le titre de son livre. J'imagine un roman dense, plein de vie que je remplace après réflexion par un recueil de poèmes. Il serre contre lui un étui en cuir avec intensité, comme une partie de lui-même... Une guitare ? La forme est inhabituelle, plus allongée, peut-être une mandoline. Il a l'air de quelqu'un qui ne se soucie pas de son apparence, barbe de trois jours, gros bonnet en laine, vieux pardessus élimé et pourtant l'ensemble a de l'allure. Il a un corps solide, rassurant, sur lequel on sent qu'on peut s'appuyer. Contre lequel on aimerait bien se blottir... Un roc de douceur ! J'ai l'impression de sentir son odeur, boisée, avec une note de musc...

 

Le bus s'arrête dans des cahots essoufflés et la femme à ses côtés se lève pour descendre. Il s'arrache à sa lecture et me sourit : "Tu viens t'asseoir ?"

Sa voix est chaude, juste grave comme il faut, à peine rauque. Si je ne l'avais pas fait il y a dix ans, c'est sûr, je l'épouserais cet homme-là !

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22 octobre 2012 1 22 /10 /octobre /2012 06:49

Tout le soleil de l'Argentine dans la voix de Mariana Yegros... qui ne parvient tout de même pas à détrôner dans mon coeur cette chanson poignante de mon chouchou argentin, Vicentico !
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Published by Yosha - dans Zik
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21 octobre 2012 7 21 /10 /octobre /2012 06:03

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J'avais été conquise par l'adaptation de l'album "Le gruffalo". La suite, "Le petit gruffalo" est tout aussi réussie. Les images de la forêt sous la neige sont magnifiques, tous les détails sont soignés... Ah, les pas qui crissent dans la neige ! Et toujours la musique de René Aubry pour sublimer le tout. Un seul détail m'a dérangée, la "terrible souris" de l'album est dans le film la "grande méchante souris"... Ca sonne moins bien, non ?!

J'ai en revanche beaucoup moins apprécié les trois courts métrages qui précédaient. Je n'ai toujours pas très bien compris l'étrange "Le chemin d'un lièvre" qui délivre un message obscur : si ta maman lièvre se fait tuer par un méchant renard, va jouer avec les autres petits lièvres ?! 

 


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20 octobre 2012 6 20 /10 /octobre /2012 05:58

Ma seconde participation à l'atelier d'écriture de Leiloona... 

 

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 crédit photo : Romaric Cazaux

 

"J'ai encore fait ce rêve... toujours le même. Je suis à Naples, la ville de mon enfance, seul dans un quartier désert. Enfin, pas vraiment seul, je suis entouré de pigeons, des centaines de pigeons ! Ca pourrait être angoissant  mais je me sens bien et je me mets à courir. Je me sens léger, aérien et je finis par ne plus toucher le sol. Je cours dans les airs, au milieu des pigeons, libre, immatériel. Cette sensation est tellement nette que parfois je ne sais plus si c'est un rêve ou la réalité. Un jour...

- Oui ?

- Un jour, ma mère m'avait grondé et je m'étais enfui..."

Un sanglot m'étrangle et la honte m'envahit. Un homme de trente ans submergé par l'émotion du souvenir de sa maman qui le gronde, il y a de quoi être embarrassé, non ? J'inspire profondément.

"Je m'étais retrouvé dans un endroit comme celui de mon rêve, il devait bien y avoir quelques pigeons... Mais j'avais couru longtemps et mes jambes étaient en plomb.

- C'est intéressant, cette légèreté dans votre rêve... Trouvez-vous la vie légère ?"

Cette fois, les sanglots me submergent. Je fouille maladroitement dans ma veste à la recherche d'un kleenex. J'essaie de me ressaisir. Mes pensées se mélangent dans un miasme tourbillonnant. Légère, la vie ? J'ai l'impression de traverser un tunnel noir sans fin.

"Bon... on va arrêter là pour aujourd'hui..."

 

Dehors, il pleut, une averse d'automne qui précipite la tombée du jour. La légèreté de la vie ? Je m'accroche à cette idée. Retrouver la légèreté de la vie... Je me mets à courir, pour échapper à la pluie, à la grisaille de mon esprit et aux souvenirs qui font mal. Et peut-être, retrouver la sensation de mon rêve, cette légèreté qui m'attend quelque part, je le sais, comme une petite bulle en suspension.

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