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18 avril 2013 4 18 /04 /avril /2013 13:15

 

Alors que la saison 7 de Dexter vient de s'achever (mais bonne nouvelle, il y aura une saison 8 !!!), que j'ai été une nouvelle fois déçue par une série française, "Les revenants", et comblée par la saison 5 de Mad Men, je suis prise de nostalgie en pensant à cette série qui m'a convaincue qu'une série télé pouvait être un vrai chef d'oeuvre... Nostalgie car si depuis j'ai découvert d'autres séries telles que "Dexter", "The Shield" ou "Mad Men", aucune n'arrive pour moi à la hauteur des Soprano.

 

Mais lorsque j'essaie de défendre cette série auprès de quelqu'un qui ne la connaît pas, je m'y prends très mal, en présentant le côté "père de famille quadragénaire beauf vaguement dépressif chef de la mafia locale du New Jersey" qui ne fait pas franchement rêver ! A l'époque où je suis tombée dedans, l'intrigue m'avait semblée à des années-lumière de ce que j'aime... Sauf que le traitement est tel dans la narration, la psychologie des personnages, le jeu des acteurs qu'on est pris dans cette saga, on s'identifie et on s'attache à ces personnages pourtant peu recommandables. J'ai découvert Coppola et Scorcese après les Soprano et je pense qu'on peut aimer cette série sans porter de grand intérêt à l'univers mafieux qu'elle dépeint car c'est bien plus que ça.

 

Un excellent article sur les implications philosophiques des Soprano

Et un article de Télérama (à ne lire qu'après avoir vu TOUS les épisodes)

 

Un des moments qui m'a le plus scotchée est le début du premier épisode de la saison 6 qui établit un parallèle entre les personnages et les sept composantes de l'âme chez les Egyptiens à l'aide d'une voix off assez déstabilisante. La richesse des trouvailles narratives de cette série est inépuisable, jusqu'à sa fin ! Comme mentionné dans l'article ci-dessus, David Chase est un admirateur de David Lynch et l'exploration de l'inconscient de Tony, de ses rêves et un certain onirisme ne sont sûrement pas étrangers à mon engouement pour cette série.

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Published by Yosha - dans Séries
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14 avril 2013 7 14 /04 /avril /2013 05:06

Je préfère le titre anglais, "I give it a year", plus cynique. Un an, c'est donc le temps que les proches de Nat et Josh donnent à leur mariage... et on comprend vite qu'ils n'ont pas tort.

Le scénario de Dan Mazer (scénariste de "Borat") est sans surprise mais les acteurs s'en donnent à coeur joie - Rose Byrne est agaçante de perfection. Le film qui joue d'abord la carte de l'humour un peu trash finit par s'assagir et prendre des petits airs de comédie romantique à la Lubitsch, quiproquos et bons sentiments inclus. Comme dirait Woody Allen, ce n'est certes pas un film qui va changer le monde mais plutôt une bonne tranche de gâteau à savourer sans culpabilité !

Et puis, je dois bien l'avouer, j'étais comme une vraie midinette devant Simon Baker (The Mentalist) dont le sex-appeal est à son apogée...

 

simon-baker-mariage a l anglaise 630

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Published by Yosha - dans Ciné
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13 avril 2013 6 13 /04 /avril /2013 05:51

village-copie-1.jpg

crédit photo : Romaric Cazaux

 

Il s'était laissé convaincre avec molesse par sa femme. Passer des vacances "rustiques" dans un gîte, c'était bien une lubie de Clara. C'est sûr que ça changeait de leurs vacances en club au bord d'une plage paradisiaque chaque fois différente et pourtant toujours étrangement semblable. Les enfants avaient un peu râlé mais Clara leur avait parlé d'une piscine découverte, de ballades à cheval et ils s'étaient laissés contaminés par son enthousiasme. Le seul problème, c'est que depuis le début, il n'arrêtait pas de pleuvoir. Un rideau mouillé qui vous laissait trempé, transi et le vague à l'âme. Le matin, ils se sentaient en général ragaillardis. Ils savouraient des tartines de confitures faites maison, fraise-menthe, abricot-châtaigne... il faudrait qu'ils en rapportent ! Ils retrouvaient le sourire et espéraient une éclaircie mais le ciel restait obstinément triste et sombre.

 

Cet après-midi, ils se reposent dans leurs chambres. Clara dort ou fait semblant, un bras sur les yeux et lui n'arrive pas à se concentrer sur son roman policier. C'est quand même dommage d'être à la merci du mauvais temps ! Il rassemble son énergie et bataille pour convaincre sa petite famille d'aller se ballader dans un village voisin.

Le village est déserté, même par les chats. Ils parcourent les ruelles désolées, Alice et Martin sautent dans les flaques, Clara se serre contre lui. Il tourne la tête... Une jeune fille le regarde avec des yeux rieurs. Il s'arrête brutalement. Clara s'inquiète : "Ca va ?" Il esquisse un sourire forcé.

"Je suis heureuse que tu aies insisté pour nous emmener ici. Ce village est vraiment typique, on sent le poids de son histoire, un mystère..." Clara a les yeux brillants. Il oublie parfois que sa femme, prof de lettres, écrit à ses heures perdues des histoires pleines de son imagination débordante. A ses yeux, ce village morose prend forcément des allures romanesques. Les rideaux des maisons sont bien tirés mais on les voit parfois trembler légèrement, révélant une présence, des yeux qui les suivent, touristes ruisselants égarés. Une silhouette se mêle à celle de leurs enfants qui jouent, jeune fille élancée, aux longs cheveux bruns... Il ferme les yeux pour la faire disparaître. Clara le scrute, la tête légèrement penchée.

"Ca n'a vraiment pas l'air d'aller."

"Désolé mais j'aimerais rentrer si ça ne t'ennuie pas."

Sa femme acquiesce en silence et appelle les enfants. Martin court à leur rencontre, l'air coupable : "Alice est partie par là !" Il désigne une ruelle en biais. Ils s'y précipitent, pas de trace d'Alice. Leur course devient effrenée, ils espèrent à chaque instant se retrouver nez à nez avec la fillette brune. Mais il finit par continuer les recherches, seul, sa femme traînant Martin à la voiture. Puis ils doivent se résoudre à alerter la police. Et pendant tout ce temps, il repense à la vision de cette jeune fille, cette silhouette du passé qu'il aurait tant aimé oublier, qu'il avait presque réussi à oublier. A ce week-end qui avait viré au cauchemar alors qu'ils n'étaient qu'une bande d'adolescents profitant d'un peu de liberté. A l'incendie, à la culpabilité d'en avoir réchappé. Alors qu'Alice y était restée.

 

Lionel ôte ses lunettes, se masse l'arête du nez et rend son ordinateur portable à sa femme. "On dirait qu'il ne pleut plus..."

 

Atelier d'écriture proposé par Leiloona

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12 avril 2013 5 12 /04 /avril /2013 11:36

"Il ne s'agissait pas de savoir qui était preumz ou qui était assise à côté de qui au cinéma. Le jeu avait changé ; ou plutôt, ce n'était plus du tout un jeu. Il s'agissait de survivre à la nuit, entreprise souvent plus dure qu'il n'y paraît, et toujours très individuelle."

 

"La plupart des gens ont plus de besoins que de manques. Ce qui explique le genre de vie qu'ils mènent. Mais le monde est dirigé par ceux dont les manques dépassent les besoins."

 

les-regles-du-jeu-m72542.jpg

 

Il y a du Fitzgerald chez Amor Towles. Mais j'y ai aussi trouvé du Somerset Maugham.

 

On suit la vie de Katey, jeune femme issue d'un milieu modeste, à New York, à la fin des années 30. L'heure est à l'insouciance, au jazz, à la débrouille pour se faire une toile ou passer une bonne soirée dans un bar sans trop dépenser. Un soir de réveillon, Katey et son amie Eve font la connaissance de Tinker Grey, jeune homme solitaire et aisé. Survient alors un drame qui secoue leurs trois destinées...

 

"Les règles du jeu" s'attache au passage du temps. La préface se déroule une trentaine d'années plus tard et le découpage du roman suit les saisons, l'imprégnant d'une nostalgie anticipée.

"Le temps a une façon particulière de tromper l'esprit. Quand on regarde derrière soi, un ensemble d'événements concomitants paraissent parfois s'étaler sur un an tandis que des saisons entières se réduisent à une seule nuit."

 

Les descriptions sont toujours vivantes, qu'il s'agisse de courses hippiques ou de tir aux pigeons...

Et j'ai surtout apprécié les réflexions développées sur les apparences trompeuses, la fidélité à soi-même, les choix de vie... et bien sûr l'amour !

"Si nous ne tombions amoureux que des personnes qui sont parfaites pour nous, dit-il, alors on ne ferait pas tant d'histoires à propos de l'amour."

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Published by Yosha - dans Bouquins
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10 avril 2013 3 10 /04 /avril /2013 22:51

J'écoute cette chanson en boucle depuis deux jours... Merci Elsa ! Et j'avais très envie d'écrire... seulement voilà, même si des mots me venaient, ils n'étaient vraiment pas à la hauteur de la mélancolie dansante de ce titre, de ces paroles en espagnol et en français qui font voyager et surtout de ces pas rythmant la distance qui se creuse, ce premier pas qui coûte mais est suivi de tant d'autres qui font du bien, permettent de retrouver le calme même si la cicatrice est toujours là. Bref, j'arrête de paraphraser et je vous laisse savourer !

 


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10 avril 2013 3 10 /04 /avril /2013 10:30

silhouette.jpg

 

Le nom de Jean-Claude Mourlevat revenant sans cesse sur les blogs, j'étais très curieuse de le lire ! C'est chose faite avec son dernier livre, "Silhouette", un recueil de nouvelles captivant. Une phrase peut résumer ces histoires pourtant très différentes : "Les choses se déroulent rarement comme on les imagine. La vie, dans son infinie variété, se joue bien de nos prévisions."  Et Jean-Claude Mourlevat se joue bien de nos prévisions de lecteurs jusqu'à la nouvelle finale, une mise en abyme pleine d'humour !

Les chutes sont souvent cruelles, toujours inattendues voire choquantes... je pense à la "double chute" de "Case départ", ce piège se refermant sur son personnage m'a flanquée un petit coup au coeur... Mais c'est finalement l'émotion qui prend le dessus avec "Love", "Ouessant", "Mon oncle Chris" ou "Les jolis nuages" où des personnages à première vue ordinaire acquièrent une dimension héroïque.

En lisant ce recueil je me suis dit que le bonheur tenait finalement à peu de choses - un château de sable, un poème - et qu'il fallait le reconnaître et le savourer quand il était là.

 

D'autres avis : Leiloona, Moka, Qu'importe le flacon..., Lael

et pour contrebalancer tous ces éloges, un avis plus mitigé : D'un livre à l'autre

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8 avril 2013 1 08 /04 /avril /2013 03:56

affiche-d-effets-secondaires.jpg

 

Steven Soderberg est un de ces réalisateurs aux multiples facettes. Cela lui réussit plus ou moins bien. Il s'essaie ici au thriller avec pour toile de fond la dépression et les effets secondaires des psychotropes, un peu dans l'esprit de "Les diaboliques" de Clouzot.

 

La dépression, définie dans le film comme une "incapacité à envisager l'avenir", est un sujet cinématographique délicat. Cela aurait dû me toucher mais je n'ai ressenti qu'ennui et agacement devant le personnage reniflant d'Emily. J'avais tellement envie de lui donner un mouchoir... Peut-être parce que la dépression n'est pas le vrai sujet du film, ce n'est qu'un leurre introduisant un thriller beaucoup plus complexe.

De ce second point de vue, le film est plus réussi, on est happé par les ressorts d'une machination bien huilée mais... la psychologie des personnages reste très caricaturale, leurs motivations sont peu claires et les retournements de situation trop prévisibles. Au final, j'ai un peu eu l'impression d'assister à un téléfilm de l'après-midi en semaine sur M6... en mieux filmé et avec un casting impeccable.

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Published by Yosha - dans Ciné
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7 avril 2013 7 07 /04 /avril /2013 05:44

poupee-russe.jpg

crédit photo : Romaric Cazaux

 

C'est une journée froide, mais ensoleillée. Sa première sortie depuis la maternité avec son bébé bien emmitouflé, tellement engoncé sous les épaisseurs qu’il peut à peine bouger. Elle est dans un état second, la fatigue, réaliser qu'elle est mère… elle ne réalise pas encore vraiment d’ailleurs ! Elle se sent gauche avec cette poussette, empruntée. Elle s'installe à une terrasse de café pour boire une noisette. Les passants flânent, certains portent des lunettes de soleil. Une vieille dame lui jette un coup d’œil, esquisse un sourire et continue sa marche mesurée. Une mère et sa fille passent rapidement au milieu de ce flot tranquille, la mère traînant la petite par le bras, visiblement en colère.

La serveuse vient admirer son bébé mais devant son air réprobateur quand elle lui annonce timidement son âge - une semaine - elle ne s'attarde pas, préférant se promener au hasard, retardant l’heure de rentrer pour la tétée, le changement de couche, la énième machine à faire tourner… occupations répétitives qui font pourtant passer les heures à une vitesse affolante. Elle savoure cette impression d’avoir arrêté le temps quelques instants. Elle regarde sans la voir la vitrine d'un antiquaire. Alors qu'elle demeure parfaitement immobile, elle a une vision où le temps entre dans une course folle, un peu comme les images d’un film en accéléré, les nuages se poursuivent à toute allure, les saisons se chassent en une ronde effrénée, les bourgeons s’épanouissant pour céder la place à la valse des feuilles mortes… Les pleurs de son bébé la rappellent à l’ordre. Elle jette un dernier coup d’œil distrait à la vitrine pleine de poupées russes, y aperçoit le reflet d’un jeune couple, pelotonnés l’un contre l’autre, et rebrousse chemin vers ses nouvelles responsabilités.

 

Nous marchons d'un pas nonchalant, contemplant les terrasses, profitant des premiers rayons de soleil de ce printemps tardif, notre humeur au diapason. En passant devant un magasin rempli de poupées russes, je m’attendris : "Oh... j'ai toujours rêvé d'en avoir ! Ma grand-mère en possédait, elle me laissait jouer avec quand j'étais petite, je ne sais pas ce qu'elles sont devenues..."  Elliot me serre contre lui et murmure des paroles qui me font rougir. Je jette un coup d’œil vers la jeune femme qui se tient à côté de nous, les mains crispées sur sa poussette, elle a l’air complètement ailleurs. Son nourrisson ne doit pas avoir plus de quelques semaines, il y a quelque chose de complètement désarmant dans ce minuscule visage chiffonné. Il s'anime et après quelques grimaces, devient rouge, crispé et se met à hurler, émettant un bruit incroyable pour un aussi petit être. La jeune femme, arrachée à sa rêverie, s’éloigne précipitamment. Nous échangeons un regard complice avec Elliot. Alors que nous nous apprêtons à entrer dans la boutique, une vieille femme en sort, elle tient un paquet serré contre elle et fonce tête baissée, le visage fermé par un masque de détermination. Nous nous écartons pour la laisser passer et, parfaitement synchronisés, nous retournons pour la suivre du regard tandis qu’elle s’éloigne à petits pas heurtés.

 

Emma tendait chaque pore de son visage vers ces premiers rayons caressants. Elle avisa une jeune femme sirotant un café, une poussette maladroitement calée auprès d’elle, et résista à la tentation de céder à la nostalgie. Soudain, son regard fut attiré par la vitrine d'un magasin d'antiquités. Elle était remplie de poupées russes. Elle fut prise d'une sorte de vertige : là, au milieu, elle les reconnaissait, c'étaient ses poupées russes ! Enfin, pas vraiment les siennes puisqu'elle en avait fait cadeau... Près d'un demi-siècle plus tard, ce souvenir reste douloureux... A l'époque, elle aimait un jeune homme, et elle était sûre que c'était réciproque. Mais elle avait fait l'erreur de prendre les devants en lui offrant ces poupées : elle y avait dissimulé une déclaration d'amour. Dans la plus petite, celle qui ne s'ouvre pas normalement. Le silence qui fit office de réponse fut encore plus humiliant que des mots. Elle avait préféré couper les ponts. Par orgueil. Emma soupira et, revenant au présent, entra dans le magasin, réclama les poupées, paya sans marchander et se hâta de rentrer, serrant son précieux paquet contre elle. Elle marchait du plus vite qu'elle pouvait avec ses mauvaises jambes. Toute la légèreté de la journée s'était évaporée, laissant place à un sentiment d'urgence. L'urgence d'ouvrir le paquet dans son petit appartement et de vérifier...

Son coeur battait de grands coups, elle se sentait héroïne de cinéma. Se pouvait-il... ? Non, bien sûr que non !

Elle revoyait sa vie défiler comme un train qui déraillerait sur la mauvaise voie.

Elle grimpa les deux étages de son vieil immeuble aussi vite qu'elle put, ouvrit le paquet sans prendre la peine d'ôter son manteau, désemboîta les poupées gigognes...

 

Oh non... un caprice de plus... elle ne les supporte plus. Ca commence toujours pareil : "Maman, s'il te plaît... je veux juste regarder..." et ça se termine par des cris et des pleurs devant la frustration de ne pas pouvoir tout posséder. Qu'est-ce qu'elle a fait de travers ? Petite, c'était un plaisir de faire les boutiques avec sa fille qui lui décochait de grands sourires à l'idée de faire du "hopping". Maintenant, la moindre course est un calvaire. De retour du manège, Luna a cette fois jeté son dévolu sur des poupées russes et réclamé à entrer dans la boutique "juste pour voir". C'est vrai qu'elles étaient mignonnes, et devant la quantité impressionnante, elle s'était dit qu'elles n'étaient sûrement pas trop chères, qu'elle pourrait peut-être pour une fois céder, faire plaisir à sa fille... Cruelle erreur ! Alors qu'elle parlait avec le marchand, Luna s'était mise à tripoter les poupées, attirant le regard désapprobateur du vendeur, le prix s'était avéré beaucoup trop élevé et elle avait dû battre en retraite avec sa gamine hurlant, obligée de la traîner hors du magasin. Comme si ça ne suffisait pas, elle s'était aperçue que Luna tenait sa main farouchement serrée... sur une petite poupée russe ! Déjà rouge de honte et de colère, elle avait blêmi. Retourner dans cette boutique, bien sûr, c'était ce qu'il fallait faire... Mais pas tout de suite.

   

 Atelier d'écriture proposé par Leiloona

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6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 15:02

"What goes around comes around"

 

this-perfect-world.jpg

 

Ce "monde parfait" est celui de Laura, femme d'avocat, mère de deux enfants, qui mène une vie aisée et paisible. Son existence est rythmée par ses cours de yoga, les déjeuners entre amies où les discussions tournent autour de préoccupations futiles - quelle machine à pain acheter, quelle couleur de parquet choisir - les costumes à coudre et les gâteaux à préparer pour les fêtes de l'école...

Et puis un jour, Laura reçoit un coup de téléphone de Mrs Partridge, la mère d'une ancienne camarade de classe, Heddy, internée dans un hôpital psychiatrique. L'enfance de Laura lui revient alors par bribes, Heddy était son souffre-douleur. Mais cette incursion du passé dans sa vie actuelle si parfaite va s'avérer lourde de conséquences.

 

J'ai été touchée par l'écriture simple et profonde de Suzanne Bugler. A mesure que le regard de Laura sur sa vie devient de plus en plus lucide, l'humour cède le pas à l'émotion. Les thèmes abordés, l'enfance et la façon dont elle nous façonne, adultes, les rapports parents-enfants, les relations de couples et surtout, ce que nous sommes, réellement au fond, indépendamment de l'image que nous voulons donner, sont traités avec beaucoup de justesse.

 

"On the wall beside the mantelpiece is a photo taken of us all last year : a studio shot in which we are tumbling together against a background of white, bare-footing and laughing. You know the sort of thing ; you'll have seen similar photos of similar families in similar houses to ours. It shows us in our uniform, our disguise. See how good-looking we all are, with our perfect teeth and our shiny hair. It's a PR shot. It shows us as we want to be seen, not as we really are."

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Published by Yosha - dans Bouquins
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3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 06:40

c-est-quoi-un-enfant.jpg

 

Depuis que j'ai découvert cet album, je soûle tout le monde en en lisant des passages à voix haute ! Il n'y a pas de raison que je ne fasse pas de même avec vous ;-)

Beatrice Alemagna, l'auteure du très connu "Un lion à Paris", y aborde des thèmes quasi-philosophiques sans mièvrerie, avec poésie et humour. Elle explore le monde enfantin et la façon dont les enfants perçoivent les adultes avec la justesse d'une adulte qui a su préserver son âme d'enfant... 

 

Quelques extraits !

"Un enfant n'est pas un enfant pour toujours. Un beau jour, il change."

"Les enfants pleurent parce qu'un caillou glisse dans l'eau, parce que le shampoing pique les yeux, parce qu'ils ont sommeil, parce qu'il fait noir. Ils pleurent fort, pour qu'on les entende bien. Pour les consoler, il faut les yeux gentils. Et la petite lumière, à côté du lit.

Les grands, au contraire, aiment dormir dans le noir. Ils ne pleurent presque jamais, même pas si le shampoing leur rentre dans le nez, et si ça arrive, ils pleurent tout bas. Tellement bas que les enfants ne s'en aperçoivent pas. Ou ils font semblant de ne rien voir."

"Les enfants possèdent des petites choses, à leur image : un petit lit, des petits livres colorés, un petit parapluie, une petite chaise. Mais ils habitent dans un monde très grand, tellement grand que les villes n'existent pas, les bus montent tout en haut dans l'espace et les escaliers ne finissent jamais."

"Les enfants qui ne veulent pas grandir ne grandiront jamais. Ils garderont un mystère dedans. Alors, même adultes, ils seront émus par des petites choses : un rayon de soleil ou un flocon de neige."

"Tous les enfants sont des petites personnes qui vont changer."

"Peut-être qu'ils feront des caprices pour des choses étranges comme un téléphone qui ne sonne pas ou la circulation."

 

Beatrice Alemagna

C'est quoi un enfant ?

Autrement

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