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10 juin 2013 1 10 /06 /juin /2013 07:26

Faust_new_Kino_01810.jpg

image tirée du film "Faust" de Murnau

 

"I sent my soul through the invisible,

Some letter of that after-life to spell ;

And by and by my soul returned to me,

And answered, "I myself am Heaven and Hell"

 

Omar Khayyam

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9 juin 2013 7 09 /06 /juin /2013 16:23

Quartier-lointain.jpg

 

En attendant de trouver "Les années douces", je me suis plongée dans "Quartier lointain" de Jiro Taniguchi. J'avais été un peu déçue par "Un ciel radieux" mais "Quartier lointain" m'a complètement emportée. On y suit l'étrange expérience vécue par Hiroshi, qui fait un bond dans le temps en arrière pour revivre l'année de ses quatorze ans, avec son expérience d'homme de quarante-huit ans.

Ce retour dans le passé s'accompagne d'une plongée dans des secrets de famille et traite finalement de la quête existentielle de chacun. Rêve, réalité ? Les frontières sont un peu floues et c'est ce qui m'a plu, contrairement à un roman comme "Replay". 

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9 juin 2013 7 09 /06 /juin /2013 08:32

banc.jpg

crédit photo : Romaric Cazaux

 

Elle le referma, lentement, et le reposa, pensive. Tout avait changé. Une différence légère mais essentielle. Un peu comme quand on est amoureux. Elle percevait le trajet de l'air dans ses poumons, les couleurs étaient plus vives, les contours plus nets. Elle se sentait euphorique, ivre presque.

Elle marchait d'un pas tranquille, contemplant la ville qui s'éveillait dans la musique familière des bruits du matin. Sur les quais, elle déposa le livre sur un banc.

 

Les journées d'Emile se suivaient, cascade de dominos, dans une monotonie inéluctable. Il consacrait bien quelques heures à sa passion, le modélisme, mais il avait parfois du mal à se concentrer sur ses maquettes minutieuses. Sur les conseils de son médecin, il déambulait le long des quais une heure par jour. Il percevait la beauté grise des bouquinistes et de la Seine sans la voir. Mais ce jour-là, son regard accrocha un livre, oublié sur un banc, étrangement seul. Il le feuilleta avec distraction et se retrouva vite plongé dedans. Pris dans sa bulle de lecture, il ne remarqua pas la femme brune qui le regardait en souriant.

 

Atelier d'écriture proposé par Leiloona

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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 22:08

 

Bon l'extrait provient d'un concert à New York et c'est un morceau qu'il n'a pas joué hier soir mais qu'à cela ne tienne !

 

J'aime la musique de Sixto Rodriguez et j'ai été touchée par cet homme et son histoire. Je sais que les concerts au Zenith ont été décriés et celui de la Cigale n'a pas duré plus longtemps. Je me suis sentie un peu mal à l'aise face à cet homme très affaibli... Forcément, sa voix éraillée n'a plus la même puissance mais chargée d'émotions, elle n'a rien perdu sa beauté. Sixto Rodriguez conserve la grâce des vrais artistes. J'ai adoré la douceur de sa reprise de "Sea of Heartbreak" et "I Think of You". C'est tout ce que j'aime, une simplicité qui parle au fond du coeur, révèle le bonheur qui y était enfoui.

 

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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 05:20

Betty

 

"Betty" d'Arnaldur Indridason, écrivain islandais, est pour moi un polar incontournable. Pourtant, le style n'a rien d'exceptionnel et l'intrigue construite autour d'une femme fatale, un riche mari et un adultère, est plutôt banale. Mais le retournement auquel on assiste au bout d'une centaine de pages fait partie de ceux qui donnent envie de tout relire, voir si on aurait pu s'en douter, s'il y avait un indice qui... Déstabilisant, il change notre vision de lecteur. Un exercice de manipulation efficace !

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Published by Yosha - dans Bouquins
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31 mai 2013 5 31 /05 /mai /2013 18:06

rue2.jpg

crédit photo : Romaric Cazaux

 

Malgré la douceur printanière, je porte un épais pardessus en laine. Mon corps est resté en hiver. Je marche, une cigarette à la main, je n'ai même pas la force de l'allumer. Soudain, une douleur dans ma poitrine me coupe le souffle, j'entends une sorte de râle rauque, comme un cochon qu'on égorge, et je mets un moment à comprendre qu'il vient de moi. Je me vois tomber sur l'asphalte au ralenti, par saccades. La main qui tenait la cigarette s'ouvre et je gis là, pantin au rictus figé. On dit qu'au moment de mourir, on voit sa vie défiler. Je n'y ai jamais cru. Pour moi, le passage de vie à trépas est instantané, comme la naissance mais en sens inverse.

J'étais sorti fumer une cigarette, j'inspirais l'air léger à pleins poumons, j'avais envie de faire des claquettes comme Gene Kelly dans "Chantons sous la pluie" ! Je me tenais devant la maternité, le coeur gonflé comme un ballon sur le point d'éclater, le visage dévoré par un sourire incontrôlable. Je sais que je suis en train de mourir et je sais maintenant qu'on nous accorde de revivre le plus beau moment de notre existence. Un homme voûté par le poids des années passe devant moi à pas comptés, une cigarette éteinte à la main. Il ne semble pas voir le briquet que je lui tends avec un sourire. Il continue d'avancer de sa démarche traînante, un peu spectrale. Je frissonne.

 

Atelier d'écriture proposé par Leiloona

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29 mai 2013 3 29 /05 /mai /2013 13:23

ginger-rosa.jpg

 

"Ginger & Rosa" est un film sur ce moment flou et délicat, le passage de l'enfance à l'âge adulte, au travers de l'amitié entre deux adolescentes.

Durant la guerre froide, à Londres, Ginger, élevée dans un milieu intello bohème se découvre une vocation de militante anti-nucléaire. Rosa, dont le père est parti alors qu'elle était encore enfant, cherche quant à elle à donner un sens à sa vie grâce à l'Amour, qu'elle pense avoir trouvé...

Ce film m'a touchée. Bien vite, il adopte le point de vue de Ginger et c'est la première fois où je vois véritablement des yeux lancer des éclairs ! Elle Fanning est extraordinaire, elle passe d'une légèreté et de fous rires enfantins à une gravité, une dureté qui lui servent de carapace face à son univers qui s'écroule. Les gros plans servent à merveille le jeu des acteurs et la lumière devient de plus en plus glaciale à mesure que Ginger lutte pour garder la face. 

Comme le dit si bien son parrain, personnage attachant interprété par Timothy Spall, oui elle est assez grande pour vouloir sauver le monde mais elle est encore assez petite pour avoir besoin qu'on s'occupe d'elle.  

La BO jazzy (Gershwin, Django Reinhardt...) est agréable et Christina Hendricks (dans le rôle de la mère de Ginger) offre une magnifique interprétation de "The Man I Love" à l'accordéon !

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Published by Yosha - dans Ciné
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26 mai 2013 7 26 /05 /mai /2013 08:28

La radio des blogueurs est de retour ! J'avais participé l'an dernier pour constituer la playlist de l'été avec... j'ai un peu honte de l'avouer... "Gangnam Style".

Cette fois, il s'agit de choisir son coup de coeur des six derniers mois.

J'ai choisi Ben Mazué avec "Evidemment" et "La valse", deux chansons dans des registres assez différents. J'adore aussi sa reprise de "Les gens qui doutent"... d'Anne Sylvestre !

Merci Julien pour la découverte si tu passes par là !

 


 

 


 
 

 

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26 mai 2013 7 26 /05 /mai /2013 06:30

poussette.jpg

crédit photo : Romaric Cazaux

 

Assis dans l'herbe, je frissonne légèrement. Cela a beau être le mois de mai, le soleil se montre encore bien timide et de petits nuages noirs ventrus se déplacent à toute allure. Mais je ne bouge pas. J'observe la jeune femme assise à quelques mètres de moi sur un banc. Une jeune maman, profitant d'un petit moment de répit tandis que son bébé dort, dissimulé sous des montagnes de couvertures dans sa poussette. On ne dirait pas qu'elle vient d'avoir un bébé... Elle est svelte, élégante et porte un petit chapeau démodé mais qui lui va bien. Elle a le regard perdu dans le vide, le front plissé. J'imagine son mari accaparé par son travail, distant depuis la naissance du petit. La solitude des heures passées à s'occuper d'un nourrisson. Je nous vois partageant un café et je lui invente un doux sourire tandis qu'elle me fait des confidences. Je la déshabille, sa peau est souple et douce, son parfum suave et léger... Mes fantasmes prenant le pas sur ma timidité, je me lève pour l'aborder. J'affiche un grand sourire afin de masquer mon embarras.

 

Léa sent qu'il l'observe. Ca l'agace. Même au parc, on ne peut pas être tranquille. Mais là, vraiment, rester enfermée était au-dessus de ses forces. Elle a profité d'une petite éclaircie pour se ruer au parc des Buttes-Chaumont avec la poussette, laissant Marc à ses idées sombres et ses ruminements sans fin. Ils sont dans une impasse. Et elle a beau se repasser le film de leur histoire dans tous les sens, elle ne voit pas d'issue. Elle ne supporte plus les gens qui l'arrêtent, souvent des vieilles dames mais aussi, de façon plus inattendue, des hommes jeunes, pour regarder le bébé, s'extasier... Et elle joue le jeu mais au fond d'elle un malaise gonfle jusqu'à l'oppression.

Elle jette un coup d'oeil au bébé, il dort avec sa petite tête de vieillard, l'air concentré. Elle ne peut rien lui reprocher, depuis sa naissance, il se comporte comme un bébé modèle : il ne pleure presque jamais même lorsque des coliques le tordent en tous sens et il a fait ses nuits avec une rapidité déconcertante. Comme s'il sentait que sa venue au monde avait créé suffisamment de complications... L'homme qui l'observait s'approche d'elle. Léa se lève à la hâte mais il est déjà planté devant elle, gauche, arborant un sourire niais.

"Je vous observais... Je me disais... Est-ce que vous accepteriez de prendre un café avec moi ?"

Léa masque un sourire, le premier depuis des mois. Après tout, pourquoi pas, cela la distraira un peu. Elle jette un coup d'oeil à sa montre, au bébé endormi.

"Je dois bientôt rentrer mais on peut boire un café au Rosa Bonheur ?"

Ils se dirigent vers le café du parc dans un silence épais. Léa regrette déjà d'avoir accepté.

"Je n'ai pas l'habitude de faire ça.

- Quoi ?

- Inviter des femmes, comme ça, à boire un café. En plus, vous avez un bébé."

Cette fois, Léa sourit franchement.

"Non, j'imagine ! Vous avez l'air plutôt timide. Mais vous savez, ce n'est pas mon bébé."

Elle porte aussitôt la main à sa bouche.

"Vraiment ? Je me disais aussi... Vous ne ressemblez pas à une femme qui vient d'avoir un bébé... Je veux dire... Vous êtes jolie, fine, élégante. Enfin..."

Il bégaie légèrement, s'emmêle dans ses mots. Il en devient presque touchant. Léa le dévisage quelques instants et se décide. Ce sera son confident. Elle ne peut pas parler à ses proches qui la jugent, elle n'a pas envie de payer un psy - ce n'est pas son genre d'aller geindre sur un sofa - cet inconnu fera l'affaire.

"Vous vous appelez ?

- Pierre...

- Moi c'est Léa."

Ils commandent deux cafés, ils sont seuls en terrasse. C'est le milieu de semaine et les gens qui fréquentent le parc sont plutôt des promeneurs de chien ou des joggeurs. C'est parfait, Léa entame ses confidences.

"Lui - elle désigne le bébé d'un geste - c'est Solal. Comme je vous l'ai dit, ce n'est pas mon enfant. C'est celui de mon amant. C'est la mère qui a choisi son prénom. Seule. Elle estimait en avoir le droit car, voyez-vous, quelques jours avant l'accouchement, elle a tout découvert."

Pierre contemple le joli visage, médusé. Son sourire se fige. Il voudrait fuir mais ne sait pas comment alors il se tortille sur sa chaise, affreusement mal à l'aise.

Léa lui sourit de nouveau, un sourire sincère.

"Ca va ?

- Oui, oui...

- Donc, je disais, elle a découvert notre liaison, que son mari voulait la quitter pour moi et elle est devenue folle. Bon, je la comprends, ce n'était pas le meilleur moment pour l'apprendre. Mais d'un autre côté, il allait la quitter, il fallait bien qu'elle soit mise au courant un jour ou l'autre. Le problème, c'est qu'elle est devenue vraiment folle. Elle a dû être internée. Et depuis, j'élève Solal avec Marc."

Elle sirote son café, hésite à allumer une cigarette mais avec la poussette juste à côté...

Pierre la fixe toujours.

"Vous savez, j'ai cru que vous étiez triste parce que votre mari vous délaissait mais la tristesse que vous ressentez, vous la méritez. Oui, vous la méritez."

Léa lève les yeux. La phrase, sortie d'un trait, sans bégaiement, lui fait l'effet d'une gifle. Pierre s'est redressé, son regard est dur, froid, méprisant.

"Peut-être que je la mérite mais ça ne la rend pas moins réelle. J'aurais voulu avoir un enfant avec cet homme. Pas élever celui d'une autre.

- Et avoir un enfant avec un homme libre ?

- C'est plus compliqué que ça... Les gens jugent mais ils ne sont pas dans ma situation... Ils ne peuvent pas comprendre."

Léa se sent vidée. Elle s'attendait à quoi ? A de la compréhension de la part d'un homme qui voulait probablement juste tenter de tirer son coup ? Elle en a assez du jugement des autres. Mais elle ne veut plus prétendre. Elle ne se reconnaît plus dans cette vie qui lui est tombée dessus, elle ne veut pas rentrer et voir l'air perdu de Marc, entendre ses pleurs, sa souffrance, sa culpabilité. Elle ne reconnaît pas l'homme qu'elle a aimé, sûr de lui, posé, rassurant. Un pantin pathétique et larmoyant l'a remplacé. Elle veut récupérer sa vie d'avant. Sans Solal. Elle veut que sa maman guérisse et s'occupe de lui. Soudain, c'est comme si un masque tombait de son visage et Pierre devine à quoi elle devait ressembler, petite fille. Des trombes d'eau se déversent du ciel. Léa se débat avec le plastique pour protéger la poussette, l'eau ruisselle sur son visage, se confondant avec ses larmes.

 

Atelier d'écriture proposé par Leiloona

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25 mai 2013 6 25 /05 /mai /2013 04:04

le-passe.jpg

 

C'est le premier film d'Asghar Farhadi que je vois, et pas le dernier puisqu'il m'a donné envie de découvrir tous les autres ! Les dialogues, le scénario, le jeu des acteurs... tout concourt pour donner à ce film une intensité permanente.

L'histoire, proche du mélo, est pourtant filmée et racontée avec justesse et simplicité... une simplicité de surface puisque peu à peu, derrière des apparences lisses, se dessine une réalité plus complexe.

Marie (Bérénice Bejo) fait venir d'Iran son ancien mari, Ahmad (Ali Mossafa) afin de pouvoir refaire sa vie avec son nouveau compagnon, Samir (Tahar Rahim), dont la femme est dans le coma. De ce quasi huis clos naissent inévitablement des tensions qui vont permettre aux personnages de se confronter à leur passé, à leurs motivations cachées pour tenter d'avancer. J'ai d'ailleurs un peu eu l'impression que le personnage d'Ahmad faisait figure de psy... s'autoanalysant lui-même au passage !

On s'immisce peu à peu dans la vie de cette famille, de ses secrets en même temps qu'Ahmad qui l'a quittée quatre ans auparavant. Le ressenti des personnages est dévoilé avec beaucoup de finesse au détour d'un regard, d'un geste, d'une parole. Un film plein d'une émotion subtile, à l'image de sa dernière scène.

Coup de coeur pour le jeune Elyes Aguis qui interprète Fouad, le fils de Samir et qui a, je pense, arraché des frissons à toute la salle.

 

fouad.jpg

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