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4 juillet 2013 4 04 /07 /juillet /2013 16:17

cerise.jpgcrédit photo : Romaric Cazaux

 

Dans un geste délicat, mon père me tend une cerise fraîchement cueillie, offrande précieuse. Nos doigts se frôlent et je vois dans ses yeux le reflet de la petite fille que j'étais.

 

Martin piaille à l'arrière de la voiture sans discontinuer. L'excitation, la fatigue... ça devrait finir par un caprice, des larmes et puis, peut-être, l'apaisement. Il doit sentir ma nervosité aussi. Nous sommes sur la route de la maison de son grand-père. Des questions sur son Papi, il m'en a posées... J'ai toujours esquivé jusqu'à ce que je me dise que j'étais adulte, responsable et qu'il avait le droit de rencontrer son grand-père, même si je ne le connaissais pas vraiment moi-même. Il a fallu du temps pour que je m'autorise à le contacter. Ma mère n'est plus parmi nous mais je sens son regard réprobateur sur cette route que j'emprunte. Nous sommes presque arrivés et je m'interroge : comment appeler un père que je n'ai pas vu depuis plus de vingt ans ?

Les pneus raclent le gravier. Malgré mon agitation, j'apprécie la tiédeur de cette belle soirée d'été. Il descend les marches du perron, d'un pas un peu lourd, souriant. Ce sourire, je l'ai toujours conservé au fond de mon coeur. Les larmes me serrent la gorge. "Papa, voici Martin. Martin, dis bonjour à ton Papi."

 

Atelier d'écriture proposé par Leiloona

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2 juillet 2013 2 02 /07 /juillet /2013 20:01

06H41

 

Cécile et Philippe ont vécu une histoire, autrefois, à la charnière un peu floue entre l'adolescence et l'âge adulte. Qui s'est mal finie. Près de trente ans plus tard, ils se retrouvent côté à côte dans le train Troyes-Paris.

"06H41" se cantonne à ce trajet en nous faisant partager les cogitations des personnages, entre passé et présent. Jean-Philippe Blondel nous plonge dans leurs réflexions les plus intimes et on suit leur évolution, leurs aspirations, leurs regrets, déceptions et failles. Cécile s'est forgée une carapace de femme d'affaires sûre d'elle tandis que Philippe apparaît abîmé par une vie qu'il subit plus qu'il ne la vit.

"J'entends distinctement le blanc - comme lorsqu'on entendait encore les craquements des disques vinyles une fois l'album terminé. Le silence d'après. Presque religieux. Et moqueur aussi.

J'ai les enfants."

 

J'ai aimé le paradoxe entre le respect très classique des trois unités théâtrales et la quasi absence de dialogues. C'est un roman agréable à lire, j'ai trouvé l'écriture particulièrement fluide... je ne peux que le conseiller pour un trajet en train ;-)

 

"Personne ne nous a dit non plus que le plus dur ce n'était pas les ruptures, mais la déliquescence. Le délitement des relations, des êtres, des goûts, des corps, de l'envie. Jusqu'à une sorte de marécage où il est impossible de savoir ce que l'on aime. Et ce que l'on déteste. Ce n'est pas un état aussi désagréable qu'on pourrait le penser. C'est juste une atonie. Avec des taches de lumière éparses. Une d'entre elles, c'est d'aller voir Mathieu, ce matin, si longtemps après."

 

Voir aussi la critique plus mitigée de Leiloona... qui m'a pourtant donné envie de le lire !

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29 juin 2013 6 29 /06 /juin /2013 08:42

route.jpg

crédit photo : Romaric Cazaux

 

La colline aux 333 virages... Au début, cela semblait drôle mais après en avoir compté une centaine, je me suis mis à avoir mal au coeur, besoin de sortir... J'ai claqué la portière et fait quelques pas chancelants sur le bas-côté. L'air frais me faisait tourner la tête. Je m'étais pris pour un aventurier, j'avais suivi Lola, sa jeunesse, son insouciance, sa beauté et je me retrouvais à suivre une route qui n'était pas la mienne.

 

Je repensais à ce soir où Lola était entrée dans ma vie. A sa manière, brusque et directe. Je buvais une bière après le travail en compagnie d'un ami et j'avais remarqué qu'une jeune femme m'observait. J'étais entré dans son jeu - le jeu sans conséquence de la séduction. Après une décennie en couple, je m'y sentais autorisé. Mon ami avait remarqué notre manège et me demanda des nouvelles de ma femme et de mes enfants. Remis sur le droit chemin, je me forçais à ignorer la mystérieuse inconnue mais lorsque je décidai de lui jeter un dernier regard, sa table était vide. Je me sentais bête, vaguement déçu. A ce moment, elle se matérialisa devant moi et me tendit un bout de papier en m'enveloppant de son regard velouté. "Si le coeur vous en dit." Son sourire étincelait. Sur le morceau de papier, un numéro de téléphone et son prénom : Lola.

Les jours qui suivirent, je fus incroyablement agité, je composais son numéro mais je n'arrivais pas à me résoudre à l'appeler. J'oscillais entre culpabilité, curiosité, excitation... Je me demandais ce qu'elle avait bien pu me trouver. Finalement, je me décidai, tentant de me convaincre que cela ne m'engageait à rien, c'était une connaissance comme une autre... La suite ne fut que trop prévisible. Lola devint ma maîtresse, me pressa de quitter ma femme ce que je ne pouvais me résoudre à faire et finalement, ce fut Aline qui me quitta, en découvrant ma liaison.


C'étaient nos premières vacances ensemble et je les avais imaginées différentes. Lola avait envie de parcourir les Pyrénées, il faisait froid et humide.  Elle avait voulu prendre le volant, j'avais cédé, même si je détestais me laisser conduire. Je lui cédais toujours. Elle avait mis un CD d'une obscure chanteuse française et chantait à pleins poumons. Elle irradiait de jeunesse, d'énergie et je me sentais vieux et rabougri à ses côtés. Pas à ma place. Cette colline aux virages m'avait achevé. J'avais besoin d'air. Lola voulut m'accompagner, un air soucieux voila ses jolis traits mais je la rassurai : "Non, non, je sors juste prendre un peu l'air. Continue la route et arrête-toi dès que le bas-côté est un peu plus large. Je te rejoins. Ca me fera du bien de marcher..."

Lola acquiesca, c'était dangereux de s'arrêter dans un de ces virages en épingle. La voiture repartit, me laissant seul. Je me sentais épuisé, j'avais envie de pleurer. Je me forçai à marcher, mon coeur battait à grands coups irréguliers, mon côté hypocondriaque me rappela que j'aurais dû voir mon cardiologue avant de partir. J'inspirai à fond, m'efforçant de me calmer. Je pensais à Aline et aux enfants. Ils me manquaient. Ma passion pour Lola s'était éteinte au moment où Aline m'avait quitté. Je restais avec elle par lâcheté. Perdu au milieu de ces virages.

 

Atelier d'écriture proposé par Leiloona

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26 juin 2013 3 26 /06 /juin /2013 19:27

Maxime_Loupiot.jpg

 

"Quand on demandait à Maxime ce qu'il aimerait faire plus tard, le petit loup répondait invariablement :

- Plus tard, je veux être fleuriste !

Cette réponse mettait son papa, monsieur Loupiot, dans des colères épouvantables."

Chez les Loupiot, on est chasseur de père en fils et pas question que Maxime déroge à la tradition familiale !

Monsieur Loupiot va user de toute son ingéniosité afin de remettre son fils sur le droit chemin...

 

J'ai aimé le texte et les illustrations soignés et pleins d'humour. La chute est parfaite et la réflexion sous-jacente loin d'être inutile : combien d'enfants se sentent contraints de suivre une voie tracée par leurs parents ? Autant dédramatiser et les déculpabiliser dès le plus jeune âge !

 

Maxime Loupiot

Marie-Odile Judes et Martine Bourre

Les P'tits albums du Père Castor

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23 juin 2013 7 23 /06 /juin /2013 15:36

pub.jpg

crédit photo : Leiloona

 

L'illusion était presque parfaite. On aurait dit deux touristes, partageant un verre, le temps d'une pause, avant de poursuivre leur parcours calibré. Mais ils ne bougeaient pas, figés dans une pose qui devenait étrange, personnages de cire. Je les avais repérés au premier regard en pénétrant dans le pub. Ils me rappelaient mes parents.

Je repensais à ce jour où j'avais entrevu la vérité : mes parents n'étaient pas des êtres parfaits, ils étaient comme tout le monde avec leurs faiblesses, leurs défauts... Et pourtant, je m'étais laissée prendre de nouveau à cette illusion, remplaçant ce modèle par un autre, tout aussi faillible. Et encore plus douloureux lorsqu'il vole en éclats. Je me retrouvais à errer dans les pubs londoniens, noyant mon chagrin dans la Guinness. Je m'installai à la table voisine du couple. Derrière leurs sourires, il me semblait déceler une peine profonde, leurs gestes étaient lents, imprégnés d'un chagrin trop lourd à porter.

Je buvais ma bière à grandes gorgées, cherchant en vain un peu de fraîcheur. Après des jours entiers de pluie monotone, la canicule écrasait le bitume et les parcs de sa blancheur aveuglante. Les pubs obscurs étaient devenus mon refuge, je fuyais les amoureux lascifs qui semblaient se multiplier à l'infini. Je leur présageais à tous un funeste destin, je devenais aigrie.

J'entendais des bribes de conversation du couple. Ils chuchotaient en Allemand, mes souvenirs de lycée me permirent de comprendre qu'ils étaient à la recherche de leur fille, disparue à Londres. Je pensais à mes parents, à leur tristesse lorsque je leur avais annoncé la trahison de l'homme que j'aimais. Je souhaitai de tout mon coeur à ce couple de retrouver leur fille. Et pour la première fois, je me dis que je retrouverais l'amour un jour, que cela prendrait le temps qu'il faudrait. Et que ce n'était pas si grave.

 

Atelier d'écriture proposé par Leiloona

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18 juin 2013 2 18 /06 /juin /2013 10:00

Un petit coup de coeur pour le second album d'Hypnolove, "Ghost Carnival", sorti sept ans après le premier ! Je me suis laissée emportée par le titre éponyme interprété par une petite fille de neuf ans, Freya. Il possède le charme hypnotisant d'une ritournelle nostalgique. Et impossible de rester de marbre en écoutant "Winter in the sun" !

 

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15 juin 2013 6 15 /06 /juin /2013 15:01

marche-copie-1.jpg

crédit photo : Romaric Cazaux

 

Certains moments restent imprégnés en nous et nous façonnent même si ne subsiste après coup qu'une vague impression générale et quelques détails d'une précision étonnante.

De ce tournant dans ma vie me reviennent des nuages noirs qui s'amoncelaient à une vitesse impressionnante, au diapason avec les pensées sombres qui s'accumulaient  dans mon esprit. Je tournais obstinément le dos au Palais de la Reine et à ce Mémorial qui m'avait semblé le matin même chargé de promesses. C'est étrange comme certaines journées peuvent être distendues, une éternité séparait cette fin de journée lugubre d’un début plein d’espérance.

 

Le matin, le ciel d'un bleu limpide avait réussi à percer à travers le brouillard. Je grignotais un toast dans la cuisine ensoleillée, tentant de le faire passer à l’aide d’un jus d’orange à l’acidité sucrée. L’excitation me chatouillait l’estomac. J'avais un secret, promesse d'un bonheur inédit. La veille, Samantha m'avait fait passer en cours un petit mot : "Veux-tu sortir avec moi ? Sam." Elle avait dessiné un cœur percé d’une flèche. Sam était la fille la plus populaire du collège. Ce n’était pas la plus jolie mais elle avait ce petit truc... Un regard pétillant, une voix un peu cassée, une façon bien à elle de porter l'uniforme, la cravate légèrement dénouée, ce genre de choses... Et j'étais complètement sous son charme, comme tout le monde. Mais j'étais timide, j'osais à peine lui adresser la parole, je me contentais de l'observer à la dérobée en cours. Ce mot était pour le moins inattendu. J'étais dans l'embarras... Je fourrai le bout de papier dans ma trousse et dès que la cloche retentit, je filai directement chez moi, sans même prendre la peine de récupérer mes affaires dans mon casier.

 

Mais le soir, dans la solitude de ma chambre, j’avais ressenti une sorte de feu d'artifice intérieur en pensant à Samantha. Ce sentiment qui me retournait complètement m’effrayait. J'avais bien eu quelques attirances contre lesquelles j'avais lutté mais cette fois, j'avais envie de me laisser emporter.

 Après une nuit à me retourner dans tous les sens, l'euphorie avait pris le dessus. J’avais du mal à chasser un grand sourire béat. J'attrapai mon petit frère qui mâchonnait ses céréales, le regard dans le vide, et lui fis des chatouilles pour donner libre cours à cette joie d'anticipation. Il se tordit dans tous les sens et m'échappa, l’innocence incarnée dans son pyjama à motifs de bus rouges. Je jetai un coup d’œil vers la baie vitrée. Mon père s’affairait dans le petit jardin à l’arrière de la maison, il humait le parfum de ses roses avec une tendresse presque maternelle. On aurait dit qu’il leur parlait. J’avais peur de le décevoir. L’amour de ma mère était inconditionnel. Celui de mon père, je devais le mériter et je savais que Samantha ne lui plairait pas.

 

Samantha m'ignora toute la journée, elle devait déjà regretter de m'avoir écrit. C’était peut-être mieux ainsi… Mais c'était dur de rester avec cet espoir béant. Je trouvai enfin le courage d’aller lui parler à la sortie des cours. Sam, comme toute meneuse qui se respecte, était toujours flanquée de deux acolytes, ombres sans grande personnalité, mais elle était pour une fois seule devant son casier. Je m'approchai d'elle avec un sourire hésitant, serrant son mot pour me donner du courage.

« Salut, ça te dirait… d'aller au ciné ? »

J’avais eu beau répéter inlassablement cette question dans ma tête, je bafouillai. J’étais lamentable.

« - Oui, bien sûr... Tu as lu mon mot ? »                              

-       Oui...

Je rougis bêtement.

- Et ? »

Elle me fixait de ses grands yeux bruns, une biche innocente. La lueur d'amusement qui y brillait aurait dû m'alerter. Mais ma réponse fut un cri du coeur : « Bien sûr que je veux sortir avec toi ! »

A ce moment, ses deux acolytes surgirent comme deux diables de leur boîte, chantant à tue-tête : « Parce que t'y as cru ! »

Rouge de honte, je marmonnai quelques phrases confuses... Non, bien sûr que non, je n'y avais pas cru... je savais bien que c'était une blague... Je m'éloignai tête baissée pour cacher mes larmes. Les rires dans mon dos étaient plus douloureux que des coups. Que Samantha, fille la plus populaire, qui pouvait sortir avec tous les garçons qu'elle voulait, ait pu s'intéresser à moi, ça n'avait aucun sens... Oui, j’étais vraiment bête d’y avoir cru… Je ne pouvais m’en prendre qu’à moi-même. Mais surtout, je sentais la panique me gagner. Comment avait-elle deviné quelque chose que je ne m'avouais même pas vraiment à moi-même ? Je rentrai chez moi comme dans un mauvais songe. Le temps avait tourné à la pluie, je ne voyais rien de ce qui m’entourait, la honte me brûlait les joues. Le Mémorial se dressait derrière moi, ombre menaçante qui me narguait.

J’aurais tellement voulu revenir en arrière, ne pas avoir à subir cette humiliation, retrouver ma petite vie simple et sans éclat mais heureuse dans l’ensemble. Pouvoir me réjouir de la fin de la journée de classe, passer chercher mon petit frère chez la nourrice, partager le goûter préparé par notre mère et nous disputer sur le choix du programme télé. Je disais toujours que ceux qu’il aimait étaient pour les bébés mais du haut de mes quatorze ans, je les aimais bien, dans le fond. Les larmes ruisselaient sur mon visage, en silence. 

  

En passant devant Buckingham Palace, main dans la main avec la femme de sa vie, Jane est assaillie par ces souvenirs. Car ce jour, finalement, est un de ceux qui lui ont donné la force de s’accepter et s’affirmer telle qu'elle est. Elle tourne la tête et Sam lui sourit, son regard pétillant n'a pas changé. Et malgré toutes les années qui la séparent de ce fameux jour, elle a l’impression que c’était hier.

 

Atelier d'écriture proposé par Leiloona

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15 juin 2013 6 15 /06 /juin /2013 05:06

"Est-ce que tu en as abandonné d'autres ?

J'ai réfléchi avant de répondre. Je voulais que ma réponse soit vraie.

- Oui, ai-je dit. Une personne.

- Comment s'appelle-t-elle ?

- Pas une femme. Moi."

les-chaussures-italiennes1.jpg

 

La seule façon dont Fredrik semble éprouver le sentiment d'être vivant, c'est de creuser un trou dans la glace sur l'île où il vit reclus et s'y baigner, chaque matin, inlassablement. Jusqu'à ce qu'un fantôme du passé surgisse, Harriet, femme qu'il a aimée autrefois - et abandonnée. Elle vient réclamer une promesse qu'il lui avait faite, il y a bien longtemps de cela.

"- La seule promesse vraiment belle.

Ce sont les mots exacts qu'elle a employés. La seule promesse vraiment belle. C'était fort. Pour moi ç'a été comme si elle déclenchait un orchestre dans ma tête. J'étais au milieu des musiciens. A côté des cordes avec les cuivres juste derrière moi."

 

"Les chaussures italiennes" se déroule en Suède comme son nom ne l'indique pas. La beauté des descriptions de ces paysages glacés et silencieux, d'une attirante austérité, confère à ce roman un charme singulier. C'est l'histoire d'une promesse, mais surtout d'un homme qui s'est isolé et qui est, un peu malgré lui, ramené au monde qui l'entoure, à la vie.

 

"La plupart des voyages dont on rêve n'ont jamais lieu. Ou alors on les accomplit intérieurement. L'avantage, quand on emprunte ces vols intérieurs, c'est qu'on a de la place pour les jambes."

"Il est aussi facile de se perdre à l'intérieur de soi que sur les chemins des bois ou dans les rues des villes."

 

C'est un livre fort et émouvant, qui parle de la mort si intimement liée à la vie. En vivant reclus, sur son île et en lui-même, Fredrik est comme anesthésié mais en retrouvant l'envie de vivre, il redécouvre aussi son horizon inéluctable.

"La mort ne m'effraie que par sa grande indifférence."

"La mort était une coupe claire où ne subsistait plus aucune des cachettes de la vie."

 

J'ai aimé la façon dont les multiples péripéties n'altèrent en rien le calme contemplatif de ce roman, un bel antidote à l'agitation contemporaine !

"Je ne sais pas si c'est vrai. Sur ma carte marine, ils n'ont pas de nom. Mais cela me plaît que quelques rochers dénudés à fleur d'eau puissent s'appeler ainsi. Quelquefois je me figure que les arbres murmurent, que les fleurs chuchotent, que les buissons fredonnent des mélodies mystérieuses et que les églantines, dans les crevasses derrière le pommier de ma grand-mère, font résonner des notes pures sur des instruments invisibles. Alors pourquoi des îlots ne soupireraient-ils pas ?"

 

Et au passage, une réflexion sur la peur de l'engagement, liée à une peur de l'abandon, que je trouve exprimée très justement.

"J'avais trahi parce que j'avais peur d'être trahi à mon tour. Cette peur du lien, cette peur de sentiments trop intenses pour pouvoir être contrôlés m'avait toujours poussé à réagir d'une seule façon : l'esquive, la fuite. Pourquoi ? Je n'aurais pas su répondre à cette question. Mais je savais que je n'étais pas le seul. Je vivais dans un monde où beaucoup d'hommes passaient leur vie à avoir peur de la même façon que moi."

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12 juin 2013 3 12 /06 /juin /2013 05:17

 

J'ai découvert ce magnifique court-métrage de Kunio Kato et Kenya Hirata grâce à Moka. Une petite merveille de nostalgie et de poésie. Les moments de transition à partir d'un objet, la pipe ou le verre lorsqu'il trinque "seul" à la fin m'ont rappelé "Voyage à deux" de Stanley Donen.

J'ai mis un peu de temps avant de me procurer l'album mais je préfère le court-métrage car les images flottent en liberté sur la musique, laissant plus de place à l'imaginaire.

 

la-maison-en-petits-cubes.jpg

 

C'est l'histoire d'un vieil homme qui vit dans une maison cube, superposée sur d'anciennes maisons cubes. Au fur et à mesure que l'eau est montée, la construction a grandi. Mais un jour, il laisse échapper sa caisse à outils qui tombe au fond de l'eau. Sa plongée pour la récupérer sera l'occasion d'un voyage dans le passé...

Difficile de résister à la poésie de cet album et à ses aquarelles toutes douces !

 

Le très beau billet de Leiloona

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11 juin 2013 2 11 /06 /juin /2013 06:54

CVT_La-decision_7983.jpg

 

"La décision" traite d'un sujet délicat et difficile, le déni de grossesse. Difficile de comprendre, en effet, comment l'esprit peut à ce point nier une réalité aussi évidente. Isabelle Pandazopoulos réussit à en parler avec une grande justesse. La souffrance est palpable à chaque page : souffrance de la mère, une adolescente qui refuse d'en être une, de ses parents, dépassés par la situation et, forcément, du bébé, petit être qui ne peut pas encore comprendre ce rejet si violent.

Mais ce roman est avant tout celui d'une reconstruction, de cette décision si difficile à prendre parce que lourde de conséquences pour plusieurs vies.

 

Pour lire un autre avis Au pays d'Ori

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