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17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 07:28

"Il observait son corps avec un tendre regret. C'était une chose que son esprit devait traîner derrière lui."

 

Le-jeu-des-ombres.jpg

 

Un très beau titre pour un magnifique roman construit avec subtilité, écrit avec finesse... mais je ne suis pas rentrée dedans. Je suis restée de l'autre côté de la fenêtre embuée par le froid pour reprendre l'atmosphère hivernale omniprésente dans ce livre à la lumière douce où l'on sent la neige et le froid.

J'ai découvert Louise Erdrich avec ce roman et son style est un régal. Précis, léger, poétique...  En revanche, j'ai trouvé les personnages agaçants. Le peintre égocentrique et tyrannique, la femme oisive vaguement soumise et alcoolique, les enfants surdoués (tous les trois !) m'ont intéressée, je les ai observés comme la femme modèle de son mari n'en peut plus d'être regardée, avec curiosité mais sans émotion.

Pourtant, la construction est parfaite, le roman s'organise autour d'une trame brillante : une femme écrit un faux journal intime pour échapper à l'emprise de son mari, pour retrouver son intimité, sa liberté.

La façon dont l'auteure parle de la peinture m'a semblé très juste, que ce soit son sujet mais également son support, une porte parfois, qui subsiste dans le tableau qui s'ouvre et se ferme, ou les couleurs avec lesquels le peintre entretient une véritable relation de ravissement. 

De nombreuses trouvailles parsèment le roman. L'anecdote sur les enfants qui avaient "appelé la mère représentée sur ses toiles, et pleuré quand elle n'avait pas répondu." Le portrait de la mère par son fils qui tient toujours un bâton avec une demi lune au bout - son verre de vin. Nos désirs secrets et la prétention de croire qu'on peut les révéler, d'ailleurs se les avoue-t-on seulement à soi-même ? Et enfin, le jeu des ombres, ce jeu de chat à la nuit tombée où l'on touche les ombres des joueurs.

Une réflexion sur l'amour tinté de vanité, l'histoire sublimée du désamour d'une femme pour son mari qui refuse le divorce.

C'est dans les derniers chapitres où l'immaturité d'Irene se révèle que la vitre qui me séparait de ce personnage s'est enfin brisée. Le moment où elle finit par échapper à l'emprise de son mari, perdue, mais libre.

Beaucoup de passages magnifiques... Mon coeur balance entre la prière fervente à Boule de Neige le cochon d'Inde et la description de l'autoportrait de Bonnard.

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Published by Yosha - dans Bouquins
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