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19 août 2012 7 19 /08 /août /2012 06:29

Laurence-Anyways.jpg

 

Après "J'ai tué ma mère", cruel mais sans recherche et "Les Amours imaginaires", stylisé mais sans profondeur, Xavier Dolan semble, à 23 ans, avoir déjà atteint sa maturité artistique avec "Laurence Anyways" qui traite de sujets profonds - l'identité sexuelle, le couple - avec brio.

Laurence et Frédérique forment un couple un peu survolté mais heureux, amoureux et complice jusqu'au jour où Laurence avoue à sa compagne qu'il se sent femme... Après le choc initial bien compréhensible, Frédérique essaie d'accepter la situation allant même jusqu'à offrir une perruque à Laurence mais elle sombre bientôt dans la dépression. Quant à Laurence (interprété magistralement par Melvil Poupaud tout en retenue), on le sent d'abord euphorique d'avoir osé être celle qu'il veut être avant d'être confronté à l'échec de son couple, à des difficultés professionnelles, aux réactions blessés de ses parents... bref, à l'isolement.

Laurence souhaiterait intégrer Frédérique dans son monde mais on sent que c'est au-dessus des forces de cette dernière. Ce n'est pas l'homme qu'elle a rencontré ou en tout cas l'image qu'elle s'en était faite. Elle semble déçue par elle-même.

Malgré le particularisme du thème, on peut en tirer des leçons d'ouverture et de tolérance pour n'importe quel couple. Frédérique est exaspérée par une jeune femme qui parvient à faire ce dont elle se révèle incapable : passer outre les apparences. Mais comme le souligne Frédérique, c'est plus facile quand ça ne se voit pas... Affronter le regard ou son absence, le jugement des autres, c'est en définitive le défi auquel Laurence et, par ricochet, Frédérique, se trouvent confrontés.

Le thème principal du film est finalement la liberté, liberté d'être soi-même, symbolisée de façon jouissive par le jet de télé du personnage de la mère de Laurence (Nathalie Baye parfaite pleine de force et de fragilité mêlées).

Voilà pour le fond... Sur la forme, Xavier Dolan se fait plaisir ! La caméra glisse sur les visages réprobateurs ou moqueurs et s'attarde sur Laurence, faisant apparaître sa beauté troublante. Quelques trouvailles visuelles : un papillon sort de la bouche de Laurence lorsque Frédérique lui avoue qu'elle en aime un autre (on comprend mieux d'où sort ce papillon à la lumière de la dernière scène), les litres d'eau qui se déversent sur Frédérique lorsqu'elle lit le livre de Laurence pour symboliser la claque qu'elle se prend, la pluie de vêtements colorés lors de l'escapade finale de Laurence et Frédérique lorsqu'ils semblent avoir enfin conquis leur liberté. Les éléments (pluie, eau de la douche, neige, tempête de feuilles mortes...) sont également conviés de façon plus classique. Quant à la bande-son, très éclectique, elle est parfaite...

2h40mn de film, dix ans de vie qui passent comme un battement d'ailes d'un papillon... enfin presque !

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Published by Yosha - dans Ciné
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