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1 février 2013 5 01 /02 /février /2013 15:40

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Je n'avais pas été vraiment emballée par le précédent Jonathan Dee, "Les privilèges mais "La fabrique des illusions" a répondu à toutes mes attentes romanesques. Un style épuré qui en quelques mots nous plonge dans la frénésie new yorkaise ou la moiteur alanguie de la Virginie, des thèmes qui sont matière à réflexion (la pub, l'art...) et surtout l'épaisseur psychologique des personnages. Sans oublier une grande histoire d'amour !

 

J'ai pourtant eu du mal à rentrer dedans, le foisonnement de détails m'ennuyait un peu, mais quelques dizaines de pages ont suffi pour me faire oublier ce travers et j'étais avec Molly, puis John, puis Molly... à tel point qu'à chaque changement narratif je me sentais un peu coupée dans mon élan ! Oui, car la structure de la première partie nous présente les vies des deux personnages principaux en alternance jusqu'à ce que... Je n'en dis pas plus !

 

Je n'ai pas pu m'empêcher de penser que Jonathan Dee avait dû s'identifier à son personnage masculin et il a beau défendre de son mieux celui de Molly, je l'ai trouvée parfois agaçante... C'est peut-être ma jalousie féminine qui parle : trop belle, trop inconsciente de son charme, trop mystérieuse, trop trop trop... Mais j'ai bien aimé son côté évanescent, c'est une belle anti héroïne, sorte de cousine de "L'étranger" de Camus. Mais, si, je vous assure, j'ai d'autres références littéraires !

Palladio, l'agence de pub au centre de l'intrigue, m'a fascinée, me rappelant "Xanadu" dans Citizen Kane. Plus que sur l'art ou la consommation de masse, je me dis que finalement, Jonathan Dee s'est penché sur notre incommensurable solitude.

 

"Quand une chanson qu'on aimait - une chanson qu'on tenait à protéger, parce qu'on y entendait des subtilités que personne d'autre ne semblait capable d'entendre - était diffusé à la radio, c'était un événement, un petit don du ciel, une raison de croire aux bienfaits de l'attente, alors que le reste de la vie n'apportait rien qui puisse surprendre, rien qui donne foi dans les vertus du temps qui passe."

 

"C'était une de ces soirées comme on en connaît parfois, où tout semble aller bien et où une chambre fermée à clé paraît le cocon le plus douillet sur terre."

 

"Je me rappelle simplement avoir eu l'impression qu'Elaine portait une sorte de masque cette nuit-là, un masque qu'elle ne pouvait pas enlever, et que ce masque, c'était celui de son propre visage."

 

"Un peuple qui ne rêve pas n'accède jamais à la sincérité intérieure, car il n'y a que dans ses rêves que l'homme est réellement lui-même. Il n'y a que de ses rêves que l'homme est responsable - ses actes sont ce qu'il est obligé de faire."

 

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Published by Yosha - dans Bouquins
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commentaires

Cardamone 04/02/2013 13:31


Un truc très plaisant (en + du fait que ton article est très bien fait, vivant, bien écrit, avec un bon choix de citations), c'est la façon dont les souvenirs de lecture qu'on croyait oubliés
resurgissent.

Yosha 04/02/2013 15:14



Si je peux être utile tant mieux !



Cardamone 03/02/2013 22:44


Non, je me suis mal exprimée, Osbourne a la classe, je parlais du personnage du cinéaste qui est très critique à l'égard de son projet mais qui n'est pas un personnage très réussi à mon goût.
Peut-être qu'à la place j'aurais aimé un personnage du même style qu'Osbourne qui aurait été son pendant, porteur d'un projet artistique un peu fou, fascinant et complètement désintéressé.


Mais tu as raison, c'est un livre très agréable à lire, je suis trop exigeante!


En tout cas je suis très contente que tu aies fait ce billet et qu'on ait pu avoir cet échange, c'est très agréable et pas toujours si évident de pouvoir parler comme ça de ses lectures.


Bonne soirée

Yosha 04/02/2013 07:13



Ah oui tu parlais de Dex ! Moi aussi j'aime bien échanger sur mes lectures, c'est enrichissant d'avoir d'autres points de vue d'ailleurs je lis un livre que tu m'avais donné envie de lire
"Charulata" !



Cardamone 03/02/2013 20:27


J'ai bien aimé ce livre, mais pas autant que toi.En te lisant je me dis qu'une de mes déceptions, c'est que je trouvais le personnage de Molly plus intéressant, plus surprenant - John est plus
fade à mon goût.


Il y a des notations très intéressantes c'est sûr, par ex sur un côté sclérosé de l'art contemporain, et Osbourne est un très beau personnage. Mais de ce côté aussi, je ne trouve pas le livre
tout à fait à la hauteur de ses ambitions(peut-être à cause de mes préjugés -et je trouve déjà ça bien d'avoir l'ambition de faire un livre intelligent). C'est vrai qu'à la base j'aurais
tendance à douter que la création artistique puisse être sauvée juste en entrant dans un système purement mercantile, et la façon dont le personnage qui a ce point de vue est plutôt minable et
caricatural me semble appauvrir la réflexion.


Bonne soirée

Yosha 03/02/2013 21:16



Merci pour ton avis Cardamone... je me suis peut-être un peu emballée c'est vrai ! Mais en tout cas, dès que je l'ai commencé je ne l'ai plus lâché ! Je suis d'accord avec toi mais finalement le
projet d'Osbourne est quand même un fiasco. C'est de lui dont tu parles quand tu dis que le personnage qui a ce point de vue est plutôt minable ? C'est vrai que c'est un très beau personnage,
celui de Molly est intéressant aussi, quant à John... oui il est un peu fade mais ça ne m'a pas gênée, ça m'a peut-être aidée à m'identifier  Bonne soirée à toi aussi et bravo pour ton magnifique poème, tu vas finir par réussir à m'arracher des larmes...



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